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Eau potable: des signaux encourageants au lac Saint-Charles

lac Saint-Charles
Photo d'archives Stevens LeBlanc

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L’état du lac Saint-Charles, principal réservoir d’eau potable de la Ville de Québec, demeure préoccupant, mais il semble s’être stabilisé dans les dernières années, et il est possible de renverser la tendance.

«Présentement, ce qu’on voit, la tendance, c’est qu’il y a une stabilisation, donc, c’est déjà un avancement important pour nous, on voit que nos actions portent fruit», a indiqué Anne-Marie Cantin, conseillère en environnement à la Ville de Québec, jeudi, lors d’une conférence de presse pour faire le point sur la santé du lac et les actions mises de l’avant pour le protéger.

Il n’est donc pas trop tard pour agir, mais il faudra poser des gestes «musclés» et ne pas annuler ceux-ci par un développement urbain qui serait démesuré, a dit Mélanie Delongchamps, directrice générale de l’organisme Agiro, un partenaire de la Ville dans ce dossier.

Malgré tout, la situation reste fragile, comme en témoignent les cinq éclosions de cyanobactéries qui ont été constatées dans le plan d’eau encore l’an dernier. Précédemment, on avait estimé en 2012 que le lac Saint-Charles avait pris un coup de vieux de 25 ans, uniquement sur une période de cinq ans.

Projet complexe

L’une des interventions «musclées» envisagées est de raccorder les deux stations de traitement des eaux usées de Stoneham et de Lac-Delage au réseau d’égout de la Ville de Québec pour éviter que leurs rejets ne finissent dans le lac Saint-Charles. Bien que traités, ces derniers contiennent une importante charge de phosphore.

Quelque 900 installations septiques autonomes de résidences privées seraient aussi raccordées tandis que 2100 doivent être mises à niveau. Ce projet évalué à 200 millions $ fait l’objet d’une étude de faisabilité actuellement, mais on voit plusieurs embuches se poindre à l’horizon.

«Ça ne se fait pas en criant lapin. C’est très onéreux et en même temps c’est complexe, parce que c’est un territoire qui est assez grand» a rappelé le maire de Québec, Régis Labeaume, qui a toutefois assuré qu’il a une «excellente» collaboration avec les maires de Stoneham et Lac-Delage.

Les conclusions de l’étude seront connues en 2023, mais «à partir de 2022 on va commencer à être équipés pour tenter d’aller chercher de l’argent» auprès des paliers de gouvernement supérieurs, a indiqué M. Labeaume. Cependant, on anticipe que les critères restrictifs des programmes seront un enjeu.

Investissements

Depuis un an, la Ville a investi près de 4 millions $ dans diverses initiatives pour mieux gérer les eaux usées et de pluie et limiter l’épandage de sel de voirie qui finit dans la nature. Un marais a par exemple été aménagé pour filtrer les eaux de ruissellement à un endroit stratégique. Cette année, un budget d’au moins 2 millions $ est dédié à la préservation du lac.

La Ville s’est dotée d’un plan contenant 84 actions, dont 40 % sont terminées et 36 % sont en cours de réalisation.

«Le fait est qu’on n’a jamais autant travaillé, au cours des dernières années pour le protéger, de sorte qu’on a réussi à contrôler sa détérioration», a fait savoir le maire. Mais son état, «soyons honnêtes, demeure préoccupant», a-t-il ajouté.

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