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Le patron de SNC-Lavalin empoche plus de 8 millions $ malgré la crise

Une rémunération totale de 23,7 M$ pour les six têtes dirigeantes de la firme

Assemblé SNC Lavalin
Photo d'archives, Chantal Poirier Le Britannique Ian L. Edwards a pris les commandes de la multinationale québécoise SNC-Lavalin en juin 2019.

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Malgré une année financière à l’encre rouge chez SNC-Lavalin, le grand patron de la multinationale, Ian L. Edwards, a vu bondir son salaire à un peu plus de 8 millions $, l’an dernier, soit 14 % de plus que son prédécesseur.

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La firme d’ingénierie a dévoilé, mercredi, la rémunération totale de ses plus hauts dirigeants. La dernière année a notamment été marquée par plusieurs changements au sein de la direction et la révision de certaines activités.

Pour sa première année complète en poste, le président et chef de la direction a empoché un salaire de base de 1,03 million $ et la valeur de son régime de retraite s’est élevée à 216 462 $. M. Edwards, qui est à la tête de l’organisation depuis juin 2019, a également reçu 5,61 millions $ sous forme d’actions. 

Le salaire de base du numéro un chez SNC-Lavalin grimpera de nouveau en 2021. La société dit avoir effectué en 2020, comme chaque deux ans, un examen de la rémunération pour les membres de la haute direction. 

« Le salaire de base du président et chef de la direction a été fixé en dessous du taux du marché lors de sa nomination par intérim [...] et a été maintenu lors de sa nouvelle nomination en octobre 2019 », note le porte-parole, Harold Fortin.  

« La récente augmentation résulte d’une étude comparative rigoureuse par rapport à d’autres organisations mondiales similaires. Rappelons que 80 % de sa rémunération totale est fondée sur la performance de l’entreprise et du cours des actions, ainsi que sur des éléments non financiers », poursuit-il.

Le salaire de base de M. Edwards passera ainsi à 1,4 million $ cette année. Sa rémunération directe totale cible est de 7 millions $. 

Façon de faire anormale

Selon l’expert en gouvernance Michel Nadeau, il n’est pas normal d’octroyer une augmentation avant même de voir la performance de la compagnie. 

« Je pense que le conseil d’administration a la responsabilité de dire au président : on va t’augmenter lorsque les résultats seront au rendez-vous, mais pas avant », affirme-t-il.

À titre de comparaison, en 2019, l’ancien président, Neil Bruce, avait reçu 7,02 millions $. Entre juin et décembre, il avait agi comme conseiller.

Si on additionne les salaires, les primes et les avantages des six plus hauts salariés chez SNC-Lavalin en 2020, le butin s’élève à 23,70 millions $. 

Parmi les dirigeants les mieux payés, on retrouve l’ancien vice-président directeur et chef des affaires financières, Sylvain Girard, et le nouveau vice-président directeur et chef des affaires financières, Jeff Bell. Ces deux hommes ont touché respectivement 4,86 M$ et 3,17 M$.

Pour l’exercice financier 2020, SNC-Lavalin a enregistré une perte de 965 millions $, comparativement à un bénéfice de 328 millions $ en 2019. Les revenus de la compagnie ont atteint 7 milliards $, soit un recul de 8 %.

En 2020, la société a poursuivi son plan de restructuration visant à se départir de projets clé en main et de ses activités de pétrole et de gaz. Le Journal écrivait aussi en décembre que la proportion des grands patrons de l’entreprise résidant au Québec était maintenant sous la barre des 50 %.

La Caisse de dépôt et placement du Québec est le plus important actionnaire de SNC-Lavalin. 

Rémunération des grands patrons de SNC-Lavalin en 2020  

  • Ian L. Edwards, président et chef de la direction : 8,02 M$ 
  • Jeff Bell, vice-président directeur et chef des affaires financières : 3,17 M$ 
  • Sylvain Girard, ancien vice-président directeur et chef des affaires financières : 4,86 M$ 
  • Craig Muir, président, secteur ressources : 2,61 M$ 
  • Sandy Taylor, président, secteur énergie nucléaire : 2,67 M$ 
  • Philip Hoare, président, Atkins, secteur ICGP : 2,36 M$ 

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