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Désarmer la police n’est pas la solution

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Alors que la violence augmente à Montréal, Valérie Plante propose de désarmer certains policiers. L’absurdité abyssale de cette proposition est ostentatoire.

La prochaine fois, avant de plagier aveuglément une idéologie bancale véhiculée par un mouvement américain fumeux, madame la mairesse devrait consulter les statistiques publiées par la Ville qu’elle dirige. Elle apprendrait alors que le nombre de crimes violents pour 100 000 habitants a augmenté de 18,1 % depuis 2015, tandis que le nombre de policiers a diminué de 4,1 %. Désarmer la police relève donc, au mieux, d’une insondable crédulité.  

Abus

Toutefois, force est de constater que certains policiers enfreignent leur code de déontologie et abusent de leurs pouvoirs. Les plaintes en déontologie ont d’ailleurs augmenté de 29 % depuis 2015, et 17,7 % d’entre elles concernaient l’abus d’autorité.  

Il faut dire que l’exercice du pouvoir n’est pas une activité banale. Il est grisant pour ceux qui le détiennent. En psychanalyse, on parle du syndrome d’hubris, ou la « maladie du pouvoir ».  

Selon le psychiatre Lord David Owen, qui identifie en 2008 cette pathologie, la personne atteinte du syndrome d’hubris manque d’empathie et est habitée par un sentiment de toute-puissance et d’impunité. Pour l’expert en neuroscience Ian Robertson, l’exercice du pouvoir déclenche des mécanismes hormonaux qui altèrent la chimie du cerveau et les comportements.  

D’après les chercheurs, quiconque obtient une parcelle de pouvoir peut développer le syndrome d’hubris. Les policiers ne font pas exception. 

Ainsi, pour éviter les dérapages, il faut donc s’assurer de l’équilibre mental de ceux qui manient le revolver.

Examen

Désarmer la police n’est pas la solution. C’est jeter le bébé avec l’eau du bain. En revanche, pour minimiser les abus malheureux, sinon fatals, il faudrait introduire un examen psycho-logique annuel pour détecter et neutraliser rapidement les policiers aux tendances hubristiques. Porter une arme devrait être un privilège, et non un droit, surtout quand on est policier !