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Le Buy American fait mal à Marmen

Elle devra fermer pendant six mois son usine de Matane à compter du mois d’août

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Photo courtoisie L’usine de Matane de Marmen. En plus des tours d’éoliennes fabriquées à cet endroit, Marmen confectionne notamment des pièces pour les secteurs de l’aviation, du pétrole et du gaz, de l’hydroélectricité, des mines et aciéries et de l’énergie nucléaire.

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Le carnet de commandes étant presque à sec, l’usine de Marmen de Matane fermera ses portes à la fin juillet ou au début août pour six mois. Environ 70 employés se retrouveront au chômage.

Le 8 avril, la direction a annoncé la mauvaise nouvelle aux travailleurs. Depuis l’automne, le fabricant de tours d’éoliennes affirme avoir multiplié ses efforts pour dénicher de nouveaux contrats pour ce site, mais en vain.

La direction dit être victime du « contexte difficile » de la pandémie. 

Elle justifie également la fermeture de cette usine par « l’impact des décisions défavorables du gouvernement américain à propos du dumping et des subventions » sur son carnet de commandes. 

Rappelons que les États-Unis imposent, depuis quelques mois, une surtaxe de 6 % sur les tours d’éoliennes provenant de l’étranger et vendues dans leur pays, après avoir reçu des plaintes de fabricants américains. 

Marmen conteste cette décision devant les tribunaux.​

En septembre dernier, le vice-président à l’exploitation, Vincent Trudel, avait concédé au Journal que sa compagnie était de plus en plus dépendante de l’exportation, en raison d’un manque de projets en sol québécois.

Pour expliquer la fermeture de son usine à Matane, la direction ajoute également que ce site est présentement « désavantagé géographiquement » par rapport au marché éolien, soit les endroits où se trouve la demande. 

D’ailleurs, pour obtenir un récent contrat dans l’État de New York, aux États-Unis, le manufacturier québécois s’est engagé avec ses partenaires d’affaires à construire au pays de l’Oncle Sam une nouvelle usine de fabrication de tours d’éoliennes en mer. Ce chantier devrait être terminé d’ici deux ans.

Pas la première fois

En raison d’une baisse des commandes, à l’automne 2020, Marmen avait également dû effectuer des licenciements et des mises à pied temporaires dans ses installations à Matane. Environ 55 salariés avaient été touchés de façon permanente. 

Une trentaine de travailleurs du groupe à Trois-Rivières avait aussi été remerciée au même moment.

En janvier 2021, les employés mis à pied de façon temporaire à Matane avaient toutefois repris leur travail graduellement après la signature de contrats. Ils se retrouveront de nouveau sans emploi cet été, et ce, jusqu’à la fin de l’année, à moins que la direction reçoive de nouvelles commandes.

« Cela dépend de notre capacité à obtenir de nouveaux contrats. Si nous avons des contrats avant la fin de l’année, nous allons ouvrir avant », a souligné dans un courriel la porte-parole, Claude Mallick.

Marmen misait entre autres sur le lancement du parc éolien Apuiat, sur la Côte-Nord, autorisé par le gouvernement, pour soutenir ses activités à Matane pour une partie de l’année 2021. 

La production pour ce chantier ne devrait pas commencer avant 2022.