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Médias du Québec: front commun contre les propos haineux et la désinformation

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Une trentaine de personnalités publiques, avec à leur tête les députés Catherine Dorion et Joël Lightbound, dénoncent la prolifération de propos haineux ainsi que de la désinformation dans certains médias du Québec.  

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Le fondateur de la mosquée de Québec, Boufeldja Benabdallah et l’expert en sécurité nationale Michel Juneau-Katsuya font également partie de ce collectif surnommé Liberté d’oppression. Ils sont notamment appuyés par la chanteuse Safia Nolin, le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, la comédienne Virginie Fortin et l’humoriste Jay Du Temple.  

Photo Didier Debusschère

Le groupe signe une déclaration de principes qui affirme : «Que ce soit par la désinformation, en affirmant sciemment comme des évidences des choses fausses ou inexactes, en créant des amalgames mensongers et diffamatoires, ou en usant de propos injurieux et/ou discriminatoires, [certains individus] participent à la dégradation de la discussion collective des Québécois». 

Notre dernier bébé, contre la haine et la désinformation dans les médias. JE SUIS TELLEMENT FIÈRE. Regardez la liste de signataires : une maudite belle slate. Pour signer, c'est le lien en commentaire.

Publiée par Catherine Dorion sur Vendredi 16 avril 2021

En conférence de presse, Mme Dorion et M. Lightbound ont refusé de nommer les médias et les individus ciblés. 

Photo Didier Debusschère

Toutefois, le communiqué de presse du collectif cite des exemples tirés des stations CHOI Radio X, BLVD et Qub Radio, mais également de chroniqueurs du Journal de Montréal et d’un reportage de TVA.  

  • Écoutez l’entrevue de Catherine Dorion, députée solidaire de Taschereau, au micro de Geneviève Pettersen   

Exemples

Par exemple, le collectif rappelle que l’animateur André Arthur a déjà suggéré à ses auditeurs de «frapper» les gens qui se promènent à vélo l’hiver. 

On cite également Dominic Maurais, qui a déjà déclaré : «On se fait mener par des anarchistes féministes extrémistes. Elles sont crinquées parce qu’elles ont eu leur congrès de féminazies la semaine passée. Le féminisme lesbien, c’était un des thèmes (...) Ces têtes de linottes-là.» 

Gilles Proulx, lui, a qualifié la mairesse de Montréal, Valérie Plante, de «niaiseuse» et d’«ignorante». 

Photo Didier Debusschère

Également mentionné dans le communiqué de presse, on rappelle que la chroniqueuse Denis Bombardier a déjà qualifié Catherine Dorion d’«égérie sulfureuse de la gauche déjantée et féministe, [qui] n’hésite guère à jouer une fille de joie, collier de perles et talons aiguilles en sus, ce qui, paraît-il, exciterait les mâles». 

Haine en ligne

Fréquemment attaquée dans divers médias, la députée de Québec solidaire affirme avoir «une grosse carapace» et être capable de se défendre. «Mais, est-ce que c’est le cas de toutes les personnes qui veulent s’impliquer en société? La réponse c’est non.» 

D’ailleurs, les attaques dans les médias traditionnels mènent souvent à une avalanche de propos haineux sur les réseaux sociaux, note-t-elle. 

À ses côtés, le député fédéral Joël Lightbound a noté que le discours médiatique fait parfois en sorte que des gens refusent carrément de se lancer en politique. Certains maires ont d’ailleurs récemment cité la détérioration du discours public pour expliquer leur refus de se porter candidat aux prochaines élections. 

Et pourquoi ne pas entamer des procédures judiciaires, au criminel ou au civil, si les propos recensés sont bel et bien «haineux»? «C’est coûteux et c’est long, le processus judiciaire, fait valoir Catherine Dorion. Et pendant ce temps-là, l’autre personne qui a une grosse tribune peut continuer de varloper, varloper, varloper. Est-ce que ça vaut vraiment la peine, pour obtenir une compensation en argent, de voir sa réputation à terre pour des décennies?» 

Avec sa déclaration, disponible sur le site web Libertedoppression.ca, le collectif veut à la fois dénoncer ce type de discours, mais également encourager les propriétaires de médias à ne plus tolérer de tels dérapages. «[On veut] encourager les médias qui choisissent de ne pas verser dans ces comportements-là, qui disent : peut-être que ça me rapporterait de l’argent, mais je ne le ferai pas, parce que ça va à l’encontre de ce qu’on veut apporter à la société québécoise», dit Mme Dorion. 

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