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Sommes-nous atteints de rage collective?

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La semaine a été riche en agressions de toutes sortes. Quand ce n’est pas un animateur radio qui lance sa horde de pirates aux trousses de personnalités publiques, c’est un forcené qui, couteau en main, semble décidé à faire des ravages ou un automobiliste qui fonce dans une enseignante en grève.

C’est quoi notre problème ? 

Passons sous silence la hargne qui règne sur les médias sociaux, les « salopes » et les « criss de vache » qui égayent désormais mes journées. J’en ai déjà abondamment parlé. 

Parlons plutôt de cette colère sourde qui semble gronder et collectivement nous habiter. De cette façon dont, lentement mais sûrement, nous glissons dans la haine de l’autre. 

C’est pas mêlant, on dirait qu’on a mangé de la vache enragée. Si Tyra Banks parle de smizing pour décrire le sourire qu’on fait avec les yeux lorsque l’on porte le masque, on devrait inventer un terme pour ceux qui, masqués, affichent un air de bœuf dans la file de l’épicerie. 

On pourrait aussi trouver un terme pour ceux qui sont grossiers et impolis avec les caissières et les emballeurs. Sûrement les mêmes qui te font un doigt d’honneur parce que tu viens supposément de les couper en char ou parce que tu ne traverses pas assez vite à la lumière. Colon ? Gigon ? Je cherche.

  • Écoutez la chronique de Geneviève Pettersen à LCN avec Julie Marcoux

Des lions en cage

Je veux bien croire que ça fait un an qu’on se prive et qu’on n’en peut plus, mais se traiter de même entre nous n’arrangera rien. Comment on va faire pour se retrouver quand ça va être fini ? Si on continue comme ça, ça va être difficile de se rabibocher. 

Moi, ça ne me dérange pas de porter le masque en dedans et dehors quand c’est nécessaire, mais je m’ennuie diablement de celui qu’on portait avant. Le masque du civisme, de la gentillesse, du savoir-vivre et de la politesse.