/news/green
Navigation

Diminuer l’usage des pesticides à Laval est bien accueilli

Diminuer l’usage des pesticides à Laval est bien accueilli
Photo courtoisie : Ville de Laval

Coup d'oeil sur cet article

Les agriculteurs sont soulagés que la décision de la Ville de Laval de restreindre l’utilisation des pesticides et d’interdire le glyphosate ne les touche pas directement.

• À lire aussi: Les agriculteurs ne sont pas des tueurs d’abeilles

• À lire aussi: Laval interdit le glyphosate, une première au Québec

«C’est sûr qu’on est toujours un peu inquiets que la pratique agricole soit affectée quand une Ville veut réglementer l’usage des pesticides», a affirmé Charles-Félix Ross, directeur général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), alors que la Ville de la Rive-Nord a été la première au Québec, cette semaine, à proscrire invariablement les néonicotinoïdes et le glyphosate en milieu urbain.

L’exploitation agricole et horticole fait toutefois exception. Les biopesticides et les pesticides à faible impact demeurent également permis.

«On est satisfaits que le règlement ne vise pas la zone agricole, a ajouté M. Ross. Ce sont des produits dont l’utilisation comporte des risques et il faut les utiliser de façon parcimonieuse.»

Louise Hénault-Ethier, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki, affirme de son côté qu’il était temps qu’une ville emboîte le pas pour prendre une action comme celle-là.

«On n’est pas obligés d’avoir recours à des produits toxiques qui représentent un risque pour la santé humaine et l’environnement», a affirmé Mme Hénault-Ethier, qui a expliqué que d’autres types de produits ou des brûleurs peuvent notamment déshydrater les mauvaises herbes.

Le glyphosate a notamment été qualifié de «cancérigène probable» en 2015 par l’Organisation mondiale de la santé.

Santé Canada a conclu, en avril 2015, que lorsque les produits contenant du glyphosate sont utilisés conformément au mode d’emploi figurant sur leur étiquette, «ils ne présenteraient aucun risque préoccupant pour la santé humaine ou pour l’environnement.»

Une réévaluation en 2017 a évalué le risque que présente le glyphosate pour la santé humaine en raison «de l’exposition à ce produit par l’eau potable, par les aliments, en milieu professionnel ou de façon fortuite, ainsi que les risques environnementaux pour les organismes non ciblés.»

L’évaluation de l’exposition par le régime alimentaire a permis de conclure que «les concentrations détectées dans les aliments ne poseraient pas de risque pour la santé de la population canadienne.»

«Ça ne me surprend pas que les villes réagissent plus rapidement que le gouvernement fédéral, a pour sa part déclaré Monique Pauzé, députée de Repentigny pour le Bloc québécois et vice-présidente du Comité environnement à la Chambre des communes. Les pouvoirs municipaux sont plus près des gens et ils sont très sensibles à la qualité de l’eau potable de leurs citoyens.»

Avec ses recherches, Mme Pauzé dit avoir constaté qu’il y a 17 pays dans le monde (dont la Belgique, la République tchèque et la France) où les herbicides à base de glyphosate sont interdits ou restreints.

L’Agence QMI n’a pu obtenir davantage d’informations en provenance du gouvernement fédéral.

Des villes comme Mascouche et L’Assomption ont indiqué à l’Agence QMI vouloir d’abord s’assurer de pouvoir faire respecter la réglementation avant d’emboîter le pas à Laval.

À VOIR AUSSI | Ces animaux qui nous transmettent des virus