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Le PQ mise gros

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La question de l’imposition de la loi 101 au cégep, qui a fait l’objet de débats passionnés dans le passé au PQ, a été expédiée cette fois-ci à une vitesse déconcertante.

Tout juste avant, les délégués du Conseil national avaient échangé des arguments sur une proposition visant bêtement à féliciter PSPP pour sa performance contre Jagmeet Singh à Tout le monde en parle.

Mais sur la délicate question d’interdire aux francophones et aux allophones de s’inscrire à un cégep en anglais, rien. Pas une seule intervention. Pas de débat. 

  • Écoutez la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec, sur QUB radio:

Persistante tentation

Dans le passé, Bernard Landry a résisté à cette idée alors qu’il était à la tête du parti. Après son départ, il avait retourné sa veste et plaidé pour que le PQ adopte cette ligne dure.

Alors chef en 2017, Jean-François Lisée a fait en sorte de retirer cet élément du programme, parce qu’il craignait que ça rende le parti souverainiste bien peu attirant pour les jeunes, qu’il souhaitait reconquérir. 

Lui aussi a changé d’idée, tout comme l’actuel chef PSPP, qui refusait pourtant d’endosser cette proposition lors de la récente course à la direction.

Il est étonnant que pratiquement tous les députés, sauf Sylvain Roy, se soient aussi rangés sans dire un mot.

Oui mais...

Il faut assurément renforcer les remparts de protection de la langue française au Québec, et plus tôt que tard.

Mais bien des jeunes Québécois francophones ne se sentent pas suffisamment bilingues à leur sortie du secondaire pour espérer être performants au travail dans les deux langues au besoin.

Les empêcher d’avoir accès à un cégep anglophone s’ils le désirent, pour parfaire leurs compétences, c’est aller loin.

François Legault a prévenu que ce pas ne serait pas franchi dans le projet de loi que doit déposer un jour Simon Jolin-Barrette pour moderniser la loi 101.

Visiblement, le PQ se croit obligé de renchérir pour revendiquer avant la prochaine élection le statut de seul vrai parti nationaliste au Québec.

Parce qu’il a beaucoup senti ce tapis lui glisser sous les pieds depuis 2018.

PSPP et les péquistes ont choisi de jouer le tout pour le tout.