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Les riches et les fumeurs devront piger dans leurs poches pour financer le pays

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Ottawa est maintenant à la recherche de solutions pour éponger une partie de la facture des frais liés à la COVID-19. De nouvelles taxes seront imposées, touchant notamment les riches et les fumeurs.

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Une taxe de luxe   

Ottawa propose de taxer davantage, dès le 1er janvier 2022, les Canadiens les plus riches, estimant que certaines personnes « s’en sont bien sorties » pendant la pandémie. 

Dans le budget Freeland, le gouvernement affirme avoir l’intention d’imposer une nouvelle taxe sur les produits de luxe, à usage personnel. 

Elle s’appliquera « sur les nouvelles voitures et les avions privés d’une valeur de plus de 100 000 $ et sur les bateaux de plaisance d’une valeur supérieure à 250 000 $ ». 

La nouvelle taxe sera calculée d’après le montant le moins élevé des deux possibilités suivantes : 20 % de la valeur supérieure au seuil ou 10 % de la valeur totale du bien. 

« Il est juste que nous demandions à ceux qui ont prospéré au cours de cette triste année de faire un peu plus pour soutenir ceux qui ont toujours besoin d’aide », a mentionné la ministre des Finances, Chrystia Freeland. 

Ottawa estime que cette mesure augmentera ses recettes de 604 millions $ sur cinq ans.

Les fumeurs plus imposés   

Le gouvernement Trudeau imposera davantage les fumeurs en augmentant notamment les droits d’accise sur le tabac de 4 $ par cartouche de 200 cigarettes. 

Ottawa perçoit cette mesure, qui sera en vigueur dès mardi, comme « un moyen efficace » pour réduire la consommation, et pour l’aider à atteindre son objectif qui est que moins de 5 % de la population au Canada consomme du tabac d’ici 2035. Le gouvernement « estime que cette mesure fera augmenter les recettes fédérales de 2,1 milliards $ sur cinq ans, à compter de 2021-2022 », écrit-il, rappelant que le tabagisme est encore « la principale cause de décès prématuré évitable » au pays. 

Pour un fumeur quotidien moyen qui dépense près de 3150 $ par année en cigarettes, cette nouvelle mesure devrait faire bondir sa facture de 100 $.

Taxe « GAFAM »   

Ottawa souhaite taxer, dès janvier 2022, les géants étrangers offrant des services numériques au pays. Le gouvernement espère récolter ainsi 3,4 milliards $ au cours des cinq années suivantes. Il s’agit d’une taxe de 3 % qui s’appliquerait sur les revenus des entreprises étrangères de services numériques. 

Plus cher pour vapoter   

Après les produits du tabac, Ottawa a l’intention de taxer davantage les produits de vapotage, comme les cigarettes électroniques. 

Le gouvernement espère ainsi, entre autres, diminuer l’utilisation de ces produits chez les jeunes adolescents, alors que la consommation « est à la hausse ». Selon un sondage de Santé Canada, depuis 2018, l’utilisation aurait doublé chez les élèves du secondaire à travers le pays. 

Dans son budget, Ottawa rappelle que ces produits ont notamment « un effet nuisible sur la mémoire et la concentration ». Le gouvernement Trudeau a l’intention d’imposer des droits d’accise sur les produits de vapotage dès 2022. Cela s’appliquerait aux liquides de vapotage, qu’ils contiennent ou non de la nicotine, et qui sont produits au Canada ou importés. Le gouvernement propose un droit uniforme de l’ordre de 1 $ par 10 millilitres de liquide de vapotage. 

Il se dit également ouvert à discuter avec les provinces souhaitant taxer ces produits.

Les investisseurs étrangers devront payer davantage   

L’immobilier canadien coûtera plus cher aux propriétaires étrangers non résidents au Canada. Ottawa imposera une taxe nationale de 1 % « sur la valeur des biens immobiliers résidentiels appartenant aux personnes non résidentes et non canadiennes qui sont considérés comme vacants ou sous-utilisés », peut-on lire dans le budget. 

Cette mesure devrait être en vigueur à partir du 1er janvier 2022. Les propriétaires étrangers devront produire également une déclaration auprès de l’Agence du revenu du Canada concernant l’utilisation de leur propriété, sous peine de sanction s’ils ne le font pas. 

« Cette mesure aidera à s’assurer que les propriétaires étrangers non résidents, qui se servent tout simplement du Canada comme un endroit où stocker leur richesse dans le logement, paient leur juste part », avance le gouvernement. Ottawa, qui espère récupérer 700 millions $ sur quatre ans avec cette mesure, entend discuter avec certaines industries, notamment touristiques, au cours des prochains mois, concernant les paramètres de cette taxe qui serait perçue chaque année.

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