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Le parcours remarquable d’une jeune guerrière

Aurély Marceau s’est battue contre la maladie jusqu’à la toute fin

Aurély Marceau
Photo courtoisie Aurély Marceau est décédée au début du mois de mars après avoir vécu, non sans embûches, cinq ans de plus grâce à une greffe des poumons.

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Après avoir passé plus de la moitié de ses 24 ans à l’hôpital, Aurély Marceau, atteinte de fibrose kystique et greffée des poumons in extremis en 2016, a finalement perdu sa bataille contre la maladie et demandé à sa mère de la « laisser partir ». 

Difficile d’expliquer pourquoi parfois la vie s’acharne sur certaines personnes, mais l’exemple d’Aurély Marceau, décédée le mois dernier après s’être battue pendant les 24 ans et trois mois de son existence, est tout simplement « inimaginable », assure sa mère. 

Le récit de ce parcours de guerrière où les embellies ont été brèves et rares, Hélène Tremblay a souhaité le livrer pour rappeler que la greffe que sa fille a reçue lui a quand même permis de vivre cinq ans de plus en sa compagnie.

« J’ai eu ma Aurély plus longtemps grâce à la greffe et elle a eu ses amies plus longtemps », raconte sa mère. En mai 2016, alors que les pronostics étaient des plus sombres et que les heures étaient comptées, Aurély a reçu une nouvelle qui devait changer sa vie. 

« La dernière journée, on a eu un donneur », raconte sa mère en rappelant que des médecins penchaient à ce moment pour la laisser partir. 

Courte embellie

« Les deux premiers mois, Aurély va très bien, tellement que des fois on lui dit woh, tu viens d’être greffée, relate Mme Tremblay. Sauf que ça n’a pas duré longtemps, ça s’est mis à débouler. » 

Malgré la greffe, la fibrose kystique continuait de faire des ravages, l’obligeant à avoir une stomie. Puis, deux embolies pulmonaires, au moins quatre rejets de greffes ainsi qu’une hémorragie au cerveau se sont succédé. 

Aurély en compagnie de sa mère, Hélène Tremblay.
Photo courtoisie
Aurély en compagnie de sa mère, Hélène Tremblay.

À tout ceci vient s’ajouter sa grande consommation de Dilaudid, qui en a fait une narcomane. Aurély s’est pourtant sevrée « toute seule ». 

« Aurély était très forte, elle avait une détermination sans bon sens », jure sa mère. 

Fatiguée

Or, pour une victoire à l’arraché, il y avait beaucoup de moments plus noirs et dans les derniers jours de février, Aurély a accepté l’évidence. 

« Je suis tellement fatiguée, maman, laisse-moi partir », a répété la jeune femme.

De retour au CHUM de Montréal, où « elle était traitée comme une princesse », Aurély a accepté les soins de confort offerts et sa mère a pu l’accompagner dans les derniers moments de sa vie malgré la COVID-19. 

Évidemment, Hélène Tremblay a accepté le choix de sa fille, même si sa perte est immense. 

Si la question de l’acharnement thérapeutique a été abordée, c’est le désir de vivre qui a motivé Aurély jusqu’à la fin, est convaincue sa mère. 

« Elle les voulait, ces années-là », assure sa mère.