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Ces folies humiliantes que nous impose le Canada

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Le jugement Blanchard sur la loi 21 me ramène à l’esprit un vieux film.

Quand j’étais adolescent, j’avais découvert avec ravissement une délicieuse comédie intitulée Le Roi de cœur (1966).

Des aliénés s’échappent de leur institution et prennent le contrôle d’une ville désertée par les sains d’esprit.

Belle métaphore du régime politico-juridique canadien...

Aberrant

Quand la loi 21 fut adoptée, la controverse sur les signes religieux tournait essentiellement autour des enseignantes portant le hijab. 

Ceux parmi nous en faveur de cette interdiction – accompagnée d’un droit acquis – estimaient que la liberté religieuse n’est pas absolue et qu’elle n’est pas plus importante que la liberté de conscience d’un enfant.

À un âge où l’on est influençable, l’enfant ne doit pas être soumis au prosélytisme religieux à l’école, actif ou passif, et les parents ont le droit de le vouloir ainsi.

Le juge Blanchard vient de valider – en se pinçant le nez et parce qu’il n’a pas le choix – cette interdiction pour les enfants des commissions scolaires francophones, mais pas pour ceux des commissions scolaires anglophones.

Quoi, la liberté de conscience d’un enfant et les volontés de ses parents sont différentes selon la langue parlée ? Aberrant.

Quoi, les parents anglophones qui veulent aussi protéger la liberté de conscience de leurs enfants n’existent pas ? Aberrant encore.

Bref, il y a désormais deux classes d’enfants et de parents au Québec. Une véritable ségrégation religio-linguistique.

Ce deux poids deux mesures trouve sa source dans l’article 23 de la Charte canadienne, qui donne à la minorité anglophone du Québec le droit de gérer ses écoles et aux minorités francophones du Canada anglais la même chose... en théorie.

La clause dérogatoire ne peut s’appliquer à cet article 23.

Dans cet asile d’aliénés à ciel ouvert qu’est le Canada juridico-politique, la constitution établit une équivalence symétrique, sur le plan éducatif, entre les anglophones du Québec et les francophones de l’Alberta !

Ah oui ? 

À elle seule, McGill reçoit 33 % du financement fédéral envoyé aux universités du Québec.

Concordia a déclassé l’UQAM en termes d’effectifs.

Le plus gros cégep du Québec, Dawson, est anglophone, les francophones s’y ruent, et on va encore l’agrandir !

Quatre-vingt-dix pour cent des allophones du Québec iront au cégep et à l’université en anglais.

Les francophones du reste du Canada n’ont pas le millionième de cela et se font assimiler à vitesse grand V.

Et les Québécois qui s’insurgent contre cela et défendent la loi 21 se font traiter de racistes !

Et ce régime se fonde sur une constitution imposée au Québec sans son consentement et jamais ratifiée par lui !

Endurer ?

Dominique Anglade et le PLQ sont maintenant dans l’eau chaude. Sérieusement. 

En prônant le non-renouvellement de la clause dérogatoire s’il était au pouvoir, le PLQ livrerait la loi 21 à la déchiqueteuse des tribunaux fédéraux.

Beaucoup de Québécois endurent ces folies humiliantes parce que le Canada est relativement prospère et confortable. Quelle tristesse !

Un asile psychiatrique confortable reste un asile psychiatrique.