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Cardinal n’allait pas bien avant la mort de sa conjointe

Déjà aux prises avec des problèmes financiers, l’éducateur avait perdu son emploi

Jaël Cantin
Photos d'archives Le couple formé de Benoit Cardinal et Jaël Cantin (en mortaise) vivait des moments difficiles dans les semaines précédant la mort de cette dernière.

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JOLIETTE | Sans emploi, aux prises avec des problèmes financiers et des difficultés au sein de son couple : Benoit Cardinal était plongé dans une spirale qui inquiétait ses amis dans les semaines précédant le meurtre de sa conjointe.

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« Il tenait des propos inquiétants. Il m’écrivait “je suis rendu dans la rivière” et après, que c’était une blague », a raconté vendredi une collègue de travail de Benoit Cardinal, précisant que l’homme de 34 ans avait des émotions en « up and down ».

La dame de 35 ans, qu’on ne peut identifier sur ordre du tribunal, a mentionné avoir passé la soirée du 26 décembre 2019 avec celui qui est aujourd’hui accusé de meurtre prémédité.

Les supérieurs de l’éducateur venaient tout juste de le suspendre, pour une raison qui n’a pas été divulguée au jury de neuf femmes et cinq hommes, vendredi, au palais de justice de Joliette.

Deux semaines plus tard, Cardinal a remis sa démission à son employeur. 

C’était six jours avant le meurtre de sa conjointe, Jaël Cantin, dans leur résidence du chemin des Anglais, à Mascouche.

La femme de 33 ans, mère de six enfants, a été retrouvée par les premiers répondants, gisant dans une mare de sang dans sa chambre à coucher.

Cardinal, lui, était étendu face contre terre dans le couloir du sous-sol.

Les enquêteurs ont d’abord cru qu’il s’agissait d’une violation de domicile ayant fait deux victimes, mais le conjoint de Jaël Cantin est vite devenu un suspect.

Prêt à haut risque

Selon ce qu’a affirmé la Couronne dans son exposé d’ouverture, le couple vivait des tensions depuis un certain temps, notamment en raison de difficultés financières. Déjà, à l’automne 2019, l’accusé avait emprunté 5000 $ sans intérêts à son ami Mathieu Nantel. 

« J’ai eu de l’empathie pour lui, j’ai donné un coup de pouce à Benoit. Je l’ai endossé pour un autre 6000 $ auprès d’un prêteur à haut risque », a témoigné vendredi le spécialiste en informatique.

M. Nantel a bien reçu les premiers paiements qui lui étaient dus, mais il n’a jamais revu la totalité de la somme et a intenté une poursuite aux petites créances contre son ami, a-t-il indiqué.

La perte d’emploi de Cardinal aurait vraisemblablement exacerbé les problèmes conjugaux, comme le démontrent des textos échangés entre l’accusé et la victime, et déposés en preuve plus tôt lors du procès présidé par la juge Johanne St-Gelais.

D’ailleurs, la veille de la mort de Mme Cantin, l’accusé aurait même dit à une amie que sa conjointe était « une folle ».

Tête basse

« Je l’ai entendu dans sa voix qu’il n’allait pas bien », a relaté en étouffant un sanglot la femme de 36 ans, dont l’identité est aussi protégée.

Habituellement plutôt stoïque, Cardinal a gardé la tête basse pendant tout le témoignage de son amie, à l'exception d’un regard échangé entre les deux, où l’on pouvait apercevoir son visage rougi sous son masque remonté jusqu’à la base des cils.


Le procès se poursuit lundi.