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La France pleure sa vigne

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En France, plusieurs viticulteurs redoutaient les gels d’avril. Ils avaient raison. La récolte du millésime 2021 s’annonce comme la plus désastreuse du 21e siècle. 

De la Champagne à la Provence, la plupart des grandes régions viticoles du pays ont été touchées. On estime que la production viticole nationale sera amputée d’au moins un tiers et que les pertes de revenus dépasseront les 3 milliards de dollars. 

Cette nouvelle réalité soulève une fois de plus la question des changements climatiques. Les températures anormalement chaudes de la fin de l’hiver ont entraîné un bourgeonnement hâtif de la vigne. Et les bourgeons, une fois sortis, sont vulnérables aux gelées printanières. Pour les protéger, les vignerons se sont battus pendant trois nuits, pulvérisant tantôt la vigne avec de l’eau – en gelant, l’eau libère une chaleur latente –, allumant tantôt des bougies géantes entre les rangs. Cette dernière méthode a donné lieu à des photos spectaculaires, avec des résultats tristement mitigés.

Le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne confirme qu’aucune de ses appellations n’a été épargnée. À Villié-Morgon, dans le Beaujolais, les Lapierre ont eu plus de chance et estiment les pertes à environ 20 %, mais il faut encore attendre de voir comment la vigne reprendra. Dans la Loire, la Touraine semble la plus touchée. À Bordeaux, les Graves et le Sauternais font face à des pertes de 80 à 90 %. La nuit du 8 avril a été fatale à plusieurs endroits dans la vallée du Rhône, où les vignes ont été affectées, et les pertes sont de l’ordre de 100 % chez certains vignerons. 

Ce week-end, levons notre verre à leur santé. Leur moral (et le nôtre) en ont bien besoin. 

Sichel, Bordeaux 2019, 1883

Photo courtoisie

France 14 %

1,7 g/L | ★★1/2 | $$

Code SAQ : 14228786

Le sans soufre est à la mode, même à Bordeaux, et la maison Sichel a bien saisi le concept. Une bouteille épurée et un vin à son image : le nez est affriolant, avec une pointe d’acidité volatile ; la bouche est gourmande et assez rassasiante par sa mâche et par sa tenue.  

Château de la Bonnelière, Chinon 2019, Les Galets

22,50 $
Photo courtoisie
22,50 $

France 13,5 %

1,6 g/L – Biologique | ★★★ | $$

Code SAQ : 14044240

Un chinon en mode vin de soif, à la fois gourmand et gouleyant, avec juste ce qu’il faut d’aspérités tanniques et une saine acidité qui chatouille le creux des joues et donne envie d’un autre verre... ou de lancer la saison du barbecue. 

Christophe Pacalet, Les Marcellins 2020, Beaujolais

18,25 $
Photo courtoisie
18,25 $

France 12 %

2,4 g/L | ★★★1/2 | $1/2

Code SAQ : 14349051

Le neveu du regretté Marcel Lapierre mène une affaire de négoce dans le nord du Beaujolais. Les raisins qui composent Les Marcellins proviennent d’une parcelle située sur la commune de Corcelles, voisine de Villié-Morgon. La fougue juvénile et le profil juteux du 2020 le rendent dangereusement facile à boire. On croque dans le fruit mûr et charnu à souhait. Une aubaine !  

Château Combel-La-Serre, Cahors 2018

23,30 $
Photo courtoisie
23,30 $

France 13 %

1,3 g/L – Biologique | ★★★1/2 | $$

Code SAQ : 13090762

Bien installés sur les plateaux calcaires de Cahors, à 320 m d’altitude, Jean-Pierre Ilbert et son fils Julien cultivent leur vignoble en bio depuis 2013 et signent un vin substantiel et sérieux, mais non moins élégant. Les parfums de fruits noirs et de violette du cépage malbec séduisent dès le premier nez ; les tanins sont à la fois denses et soyeux. Un délicieux cahors, taillé pour la table. 

Maison les Alexandrins, Crozes-Hermitage 2018

30,75 $
Photo courtoisie
30,75 $

France 14 %

1,7 g/L | ★★★1/2 | $$$

Code SAQ : 12661826

Ce 2018 de Guillaume Sorrel, Nicolas Jaboulet et Alexandre Caso offre une expression pleine et croquante de la syrah. Le grain tannique est compact, mais enrobé d’une chair fruitée mûre, qui caresse le palais et laisse en finale une sensation suave. Bonne longueur. Un très bon crozes qui donne envie de passer à table, avec un magret de canard parfumé à l’anis étoilé.