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Des ados instrumentalisés par des gangs de rue

Deux jeunes de 14 et 16 ans s’en seraient pris à un commerce de Ville Mont-Royal

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Photos Michaël Nguyen Un commerce de Ville Mont-Royal a été la cible de coups de feu tirés par deux adolescents, jeudi dernier, laissant plusieurs vitres brisées. Or, les jeunes se seraient trompés d’endroit lorsqu’ils ont utilisé un pistolet Kel-Tec P-11, une arme similaire à notre photo.

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De plus en plus de gangs de rue n’hésitent pas à confier des armes à feu à des mineurs pour faire leur sale boulot en leur faisant croire qu’ils ne risquent qu’une tape sur les doigts s’ils se font attraper.

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« Il y a manifestement une hausse des crimes avec armes à feu chez les jeunes, alors qu’avant, ce type de dossier était exceptionnel », a affirmé un acteur judiciaire qui a requis l’anonymat pour commenter la situation.

Le criminaliste Tiago Murias, qui œuvre en Chambre de la jeunesse, a fait le même constat, lui qui a été appelé à défendre un jeune de 16 ans, accusé avec un autre ado de 14 ans d’avoir déchargé une arme à feu en plein jour sur un commerce de Ville Mont-Royal jeudi dernier.

Ces deux jeunes, que l’on ne peut identifier en raison de leur âge, se seraient fait pincer avec un pistolet Kel-Tec P-11, une arme en aluminium et polymère qui tire des cartouches 9 mm. Dotée d’un chargeur de 10 ou 12 balles, elle est réputée pour être facile à dissimuler.

Mauvaise place

Selon les informations obtenues par Le Journal, l’arme aurait été fournie par des membres d’un gang de rue, afin qu’ils aillent intimider un commerçant. Le hic, c’est qu’ils se seraient complètement trompés de cible, visant à la place une entreprise familiale.

« C’était vraiment choquant, quand c’est arrivé, on a cru que quelque chose s’était effondré, a commenté le propriétaire, qui a demandé l’anonymat étant donné qu’il n’a rien à voir dans l’histoire. On n’aurait jamais imaginé que c’était un tir d’arme à feu. C’est évident qu’ils se sont trompés de bâtiment, on n’a jamais eu de problème avec quiconque. »

L’attaque, qui a été captée par des caméras de surveillance, montrerait d’ailleurs que les deux jeunes étaient des néophytes en matière d’arme à feu. 

Selon nos informations, on y voit l’un d’eux sortir l’arme, les mains tremblantes. Tenant le pistolet de la mauvaise façon, il aurait ensuite essayé de faire feu, sans pour autant y arriver à cause du cran de sûreté.

Surpris par le recul

Et quand il a finalement réussi à tirer, lui-même semblait surpris par le recul de l’arme. Le duo a pris la fuite, avant d’être arrêté peu après.

Faisant face à une kyrielle d’accusations en lien avec les armes à feu, les deux jeunes ont comparu en Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, jeudi. 

La Couronne s’étant opposée à ce qu’ils retournent dans leurs familles respectives en attendant les procédures, ils resteront sous garde au moins jusqu’à la semaine prochaine, le temps qu’un juge statue sur leur sort.

Mais même s’ils risquent une sentence bien moindre que s’ils avaient été adultes, il est important de rappeler que lors de la détermination de la peine, le fait qu’un jeune ait été instrumentalisé par un groupe criminel est considéré comme un facteur aggravant.