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«Je suis un miraculé!» – Michel Drucker

Michel Drucker
Photo courtoisie, Nikos Aliagas Michel Drucker

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L’animateur-vedette Michel Drucker, présent à la télévision francophone depuis plusieurs décennies, se confie sur un long et pénible séjour à l’hôpital, en pleine pandémie, dans son nouveau livre, Ça ira mieux demain. Admis d’urgence dans un hôpital public de Paris en septembre dernier, il a vu la mort de près. Après plusieurs opérations délicates et un long combat, il retrouve la forme petit à petit. « Je suis un miraculé ! » commente-t-il.

À la fin du mois d’août 2020, le médecin de famille de Michel Drucker, en Provence, l’envoie vite faire des examens complémentaires à Paris. Il est admis à l’hôpital Pompidou, où il va séjourner pendant plusieurs mois. Une bactérie s’est attaquée aux valves du cœur, au rein, à la rate, provoquant une septicémie. D’autres complications surviennent : il passe près d’une amputation et doit subir un triple pontage.

L’animateur-vedette sait qu’à 78 ans, les risques de ne pas s’en sortir vivant sont bien présents et craint les séquelles. L’opération a été réalisée dans le plus grand secret – il avait été hospitalisé sous un faux nom – et elle est suivie par des soins intensifs et de la rééducation.

En entrevue téléphonique, un peu fatigué parce qu’il se remet d’une longue opération, Michel Drucker dit que ça va « à peu près ». Il parle avec émotion des derniers mois, qui ont été pour lui un véritable calvaire.

« J’ai voulu laisser une trace et écrire quelque chose sur cette période si douloureuse que je traversais. J’espère que je ne la traverserai pas deux fois ! » commente-t-il avec un petit rire.

Ses quatre mois à l’hôpital, en pleine pandémie, ont été difficiles. « Je suis encore en rééducation, tout en ayant repris Vivement dimanche, avec l’autorisation des cardiologues, à condition que je ne reste pas trop longtemps debout. Je suis un miraculé ! » 

Le plus dur est passé, ajoute-t-il, mais il faudra encore du temps pour la rééducation, car il a encore une petite paralysie au niveau du pied gauche.

Un sportif

Homme positif, combatif, sportif, Michel Drucker a réussi à garder le moral, même si l’épreuve a été terrible. « Quand on m’a opéré, j’avais déjà plus de 78 ans. Je pensais que je ne m’en sortirais pas. Je pensais que j’allais y laisser ma vie. J’ai pensé aussi que je serais handicapé. Et j’ai pensé que je ne ferais plus jamais mon métier. Mais j’ai un mental très fort. Comme j’ai fait beaucoup de sport dans ma vie, c’est ce qui m’a sauvé. »

« Si j’avais eu dix kilos de plus, bu de l’alcool, fumé, etc., les chirurgiens ne m’auraient pas opéré. Ils ont été obligés de le faire parce qu’il n’y avait pas d’autre solution, mais ils savaient qu’il y avait un risque que je me réveille handicapé. Au moment d’y aller, il y a eu des périodes où j’étais plus que découragé, et puis j’ai décidé de me battre comme un sportif. »

« Un challenge »

« De mon malheur, j’ai décidé de faire un challenge. Je me suis dit : je vais m’en sortir. Je referai mon métier. Mais objectivement, je ne pensais pas que je le referais si tôt, parce qu’après une opération comme ça, à mon âge, il faut un an ou deux pour s’en remettre. »

Michel Drucker est en rééducation deux fois par semaine en clinique et tous les jours chez lui, avec des appareils. « J’ai fait ce livre en hommage aux chirurgiens, en hommage à l’hôpital public, en hommage aux aides-soignantes, aux infirmières », ajoute-t-il.

La passion du métier l’a énormément motivé et les encouragements de nombreuses stars – dont Dominique Michel – l’ont aidé. « Je savais que si je m’en sortais, je referais ce métier que j’aime beaucoup. »

  • Michel Drucker a publié cinq livres aux Éditions Robert Laffont, tous best-sellers, dont Il faut du temps pour rester jeune (2018).
  • Il est l’animateur-vedette de l’émission à succès Vivement dimanche (TV5).

EXTRAIT

Ça ira mieux demain<br/>
Michel Drucker, Éditions Robert Laffont<br/>
312 pages
Photo courtoisie
Ça ira mieux demain
Michel Drucker, Éditions Robert Laffont
312 pages

« — Monsieur Drucker, si les choses venaient à mal tourner au cours de l’opération, qui faut-il prévenir ?

— Pardon ?

Calmement, il a réitéré sa question.

— Ça veut dire quoi, docteur, si ça venait à mal tourner ?

— Vous avez eu deux petits saignements au cerveau, vous savez, alors...

Je le sais. Deux embolies cérébrales, signes annonciateurs d’un AVC possible. La première hantise des chirurgiens cardiaques est l’AVC de leur patient au cours de son opération. Ce qui signifie que je peux subir des séquelles neurologiques dont on ne mesurera l’ampleur qu’au réveil.

— Attendez : si ça se passe mal, je le dis en présence du docteur Hagège, vous me débranchez.

— Comment ça, je vous débranche ?

— Oui, débranchez-moi. Hors de question que je puisse me réveiller avec des handicaps. Avec une aphasie, un tremblement, je ne pourrai plus jamais pratiquer mon métier, alors ce n’est plus la peine. Vous me débranchez. »