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Un meilleur contrôle des loyers demandé

Des manifestations ont eu lieu à Québec et Montréal

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Des groupes de défense des locataires se sont mobilisés hier, réclamant un resserrement du contrôle des augmentations de loyer pour freiner la hausse des coûts. Le gouvernement Legault n’entend toutefois pas accéder à cette demande.  

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es manifestants se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale pour faire passer leur message.
Photo Agence QMI, Guy Martel
es manifestants se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale pour faire passer leur message.

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes québécoises, incluant la Capitale-Nationale, pour faire entendre des revendications de longue date comme un contrôle plus serré des hausses de loyer et la mise en place d’un registre public des baux.  

Plusieurs ont dénoncé les « rénovictions », lorsqu’un propriétaire évince un locataire pour retaper le logement et le louer beaucoup plus cher par la suite.
Photo Agence QMI, Guy Martel
Plusieurs ont dénoncé les « rénovictions », lorsqu’un propriétaire évince un locataire pour retaper le logement et le louer beaucoup plus cher par la suite.

Au cabinet de la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, on souligne qu’il y a déjà « un mécanisme en place pour s’assurer qu’il n’y aura pas d’augmentation abusive et qui prend compte notamment du contexte économique » et qu’un registre des baux coûterait plus de 5 millions $ à instaurer.  

« Au cours des dernières années, les loyers ont explosé », avance François Dignard, organisateur communautaire au Comité logement d’aide de Québec Ouest. Pour un logement de deux chambres à coucher, le loyer mensuel moyen entre 2000 et 2020 est passé de 518 $ à 899 $. 

Le coût des loyers « a explosé » dans les dernières années, ont dénoncé les manifestants.
Photo Agence QMI, Guy Martel
Le coût des loyers « a explosé » dans les dernières années, ont dénoncé les manifestants.

Les comités logement souhaitent que les propriétaires soient de facto obligés de se coller aux taux moyens de variation de loyer publiés annuellement par le Tribunal administratif du logement (TAL) et doivent justifier toute dérogation. Actuellement, « tout le fardeau de refuser une hausse repose sur les épaules des locataires », regrette M. Dignard.  

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« Un non-sens absolu »

« On a la possibilité pour le propriétaire et le locataire de s’entendre et on veut retirer ça : c’est un non-sens absolu », critique pour sa part Martin Messier, président de l’Association des propriétaires du Québec (APQ), ajoutant que les contrôles actuels sont déjà trop sévères et découragent l’investissement. 

Présentement, « l’incitatif pour rénover n’est pas très élevé, parce que ça peut prendre 40 ans pour récupérer son investissement », observe de son côté François Des Rosiers, professeur à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval. 

« Si vous avez un système qui décourage les rénovations et l’entretien, vous vous retrouvez après X décennies avec un parc (immobilier) qui est décrépit et cher parce qu’il n’y a pas assez d’offres », poursuit le spécialiste des marchés immobiliers. 

Dépense inutile

Par ailleurs, l’APQ considère qu’un registre des baux est une dépense inutile.

« Si on a de l’argent à dépenser qu’on le donne aux locataires qui ont besoin de ressources au lieu d’établir un contrôle des baux », suggère M. Messier.  


POUR  

  • Selon Nicole Dionne, coordonnatrice au Bureau d’animation et information logement, il faut un contrôle plus sévère pour « freiner la flambée des prix, permettre aux locataires d’immeubles neufs de refuser des augmentations de loyer, freiner le harcèlement et l’intimidation ».    
  • Un registre des baux offre plus de transparence, permettant à des nouveaux locataires de s’adresser au TAL en cas de loyer trop élevé, explique François Dignard.          

CONTRE

  • « Il y a déjà un contrôle des loyers parmi les plus sévères en Amérique du Nord », dit Martin Messier. « Ça prend plus de 40 ans pour amortir une dépense actuellement. Si les associations de locataires pensent qu’on va avoir des immeubles en bon état avec ça, c’est de l’utopie. »    
  • L’APQ défend la liberté de négocier les augmentations. « Il faut permettre aux parties de s’entendre, pas forcer la judiciarisation de tous les dossiers. »