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La SQ déploie des caméras corporelles pour un projet pilote

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Des patrouilleurs de la Sûreté du Québec porteront dès aujourd’hui des caméras portatives dans le cadre d’un projet pilote pour évaluer l’usage de cette technologie.

D'une durée de 12 mois, ce projet sera déployé dans quatre différentes MRC de la province et nécessitera l’utilisation de 40 caméras au total. Son coût est estimé de 800 000$ à 1 M$ par la Sûreté du Québec (SQ).

Les caméras seront d’abord portées par les agents de la MRC de Rimouski-Neigette, puis le projet-pilote sera étendu à trois autres régions, soit dans La Vallée-de-l’Or, en Abitibi-Témiscamingue, en juin, dans Beauharnois-Salaberry, en Montérégie, en août, et dans Drummond, au Centre-du-Québec, en octobre. 

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Le fonctionnement des caméras sera différent d’une région à l’autre pour permettre à la SQ de tester différentes options. Ainsi, elles seront activités manuellement dans les MRC de Rimouski-Neigette et de La Vallée-de-l’Or.

Dans les MRC de Beauharnois-Salaberry et Drummond, elles pourront aussi être activées manuellement, mais seront automatiquement déclenchées lorsqu’un agent va dégainer son arme à feu ou son pistolet à impulsion électrique (de type Taser).

Les conditions de travail des agents de la SQ empêchent l’activation en continu des caméras corporelles, a indiqué le lieutenant de la SQ Benoît Richard.

«Vous ne pourriez pas être enregistré à temps plein à votre travail [...], a-t-il fait valoir. Sans oublier que dans certaines situations, on ne pouvait pas activer la caméra pour protéger nos façons de faire, nos modes opératoires.»

Ce projet-pilote doit permettre à la SQ d’évaluer plusieurs enjeux entourant les caméras corporelles, y compris la performance de la technologie et la charge de travail qu’elle ajoute aux policiers, a-t-il expliqué.

«C’est bien beau de dire qu’on filme l’intervention, mais une fois filmée, il faut la télécharger, l’annoter pour permettre de la retrouver, la classer, la visionner et la transférer au Directeur des poursuites criminelles et pénales le cas échéant», a énuméré le lieutenant Richard.

Un important travail de «caviardage» devra aussi être effectué sur certaines images pour retirer ou flouter celles qui permettraient d’identifier des citoyens qui ne sont pas impliqués dans les interpellations, a-t-il ajouté.

Le rapport de cet exercice devrait être remis à la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault, durant l’hiver 2021-2022.

Cette dernière avait donné le mandat à la SQ d’évaluer l’utilisation de caméras portatives après l’affaire Camara, du nom d’un Montréalais faussement accusé d’avoir désarmé et blessé un policier du Service de police de la Ville de Montréal l’hiver dernier.

Au niveau fédéral, le gouvernement Trudeau a réservé 238,5 M$ sur six ans pour soutenir le déploiement d’un programme de caméras corporelles qui devrait débuter en mai.