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La coupe de 500 arbres à l’aéroport préoccupe

L’Ancienne-Lorette n’a été avisée que vendredi dernier

Coupe d’arbres à l’aéroport de Québec
Photo Dominique Lelièvre Jean-Louis Brown, un citoyen de L’Ancienne-Lorette, déplore l’abattage d’arbres sur les terrains de l’aéroport.

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La coupe d’environ 500 arbres à l’entrée de l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB) surprend et préoccupe des citoyens et des élus, à L’Ancienne-Lorette, alors que le déboisement est déjà commencé.

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L’aéroport procède cette semaine à des travaux de déboisement dans un périmètre de 55 mètres de long et de 120 mètres de large, soit environ 6600 mètres carrés, à l’ouest de la route de l’Aéroport.

Coupe d’arbres à l’aéroport de Québec
Dominique Lelièvre

L’emplacement visé est situé dans une bande boisée plus grande de 60 000 mètres carrés, au nord de la 8e Avenue.

«Ce sont des travaux préparatoires pour rendre les espaces disponibles à des fins locatives», confirme Laurianne Lapierre, directrice des communications de YQB.

«Désolant»

«C’est désolant, c’est à pleurer. Regardez cette belle forêt, ce n’est pas croyable. Ça va disparaître, pourquoi?» a déploré Jean-Louis Brown, un citoyen de longue date de L’Ancienne-Lorette, en allant constater de ses propres yeux l’opération en cours mercredi.

Coupe d’arbres à l’aéroport de Québec
Dominique Lelièvre

Selon lui, le boisé joue un rôle important de barrière naturelle contre le bruit, en séparant l’aéroport d'un quartier résidentiel. Le sujet pourrait rebondir jeudi lors de l’assemblée publique annuelle de YQB.

«C’est quelque chose qui nous préoccupe au plus haut point», a reconnu au conseil municipal de mardi soir le maire de L’Ancienne-Lorette, Gaétan Pageau, qui a semblé surpris de l’imminence des travaux.

En entrevue, il souligne que la Ville n’a été informée de la coupe d’arbres que vendredi dernier, par courriel.

La municipalité n’a aucune permission à donner à l’aéroport, car son territoire relève du fédéral. Elle souhaite toutefois être «une partie prenante dans ces décisions-là», car elle est la ville qui est la plus touchée, insiste M. Pageau. Lors d’un entretien mercredi soir avec le PDG de l’aéroport, Stéphane Poirier, le maire, a demandé un meilleur canal de communication.

Coupe d’arbres à l’aéroport de Québec
Dominique Lelièvre

«En même temps, on est conscients des enjeux économiques de l’aéroport. L’important, c’est de se parler et d’entendre parler des projets, et je pense que ce soir [mercredi], le message a été compris», dit M. Pageau.

L’aéroport rassurant

À l’aéroport, la porte-parole Laurianne Lapierre rappelle que la zone touchée représente seulement «à peu près un dixième» du boisé en question.

À la question de savoir si d’autres phases de déboisement pourraient avoir lieu, elle répond que «toutes les options sont sur la table», mais, dit-elle, «c’est certain qu’il va y avoir le maintien d’une lisière boisée dans ce secteur-là».

Le projet s’inscrit le cadre d’un plan de relance plus large de l’aéroport, plan qui est primordial pour faire face aux conséquences désastreuses de la pandémie, affirme Mme Lapierre.

Ce plan propose entre autres l’aménagement d’un parc aéroportuaire de 1,2 million de mètres carrés pour accueillir des dizaines d’entreprises dans un horizon de 10 à 15 ans.

«Dans le plan d’aménagement total du site aéroportuaire, on va même aller ajouter des secteurs boisés. C’est sûr qu’il va y avoir des modifications de la cartographie, parce qu’on est dans un contexte financier où l’on n’a pas le choix de monnayer nos actifs et d’aller chercher des nouveaux revenus, mais ça ne se fera jamais au détriment de l’environnement [...] et du bien-être de la communauté», affirme Mme Lapierre.

Au sujet du bruit, l’aéroport estime que les travaux de déboisement «n’auront pas d’impact», puisque «ce qui fait une réelle différence, pour la gestion du climat sonore, c’est l’adaptation des procédures opérationnelles».