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Après un mois d’école à la maison, retour masqué au primaire à Québec

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Après un mois d’école à la maison, c’est le retour en classe tant attendu, ce matin, pour les élèves du primaire de la région de Québec. Plusieurs devront s’habituer à porter le masque en tout temps, y compris en classe.

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Avant la fermeture des écoles au début avril, seuls les plus grands de cinquième et sixième années portaient le masque de procédure pendant les cours, alors que les plus jeunes devaient déambuler dans les corridors avec le couvre-visage, selon les règles en vigueur en zone orange.

À partir de ce matin, tous les élèves devront porter des «masques bleus» en classe, à l’exception des élèves de maternelle.

Pour plusieurs élèves qui attendaient ce retour à l’école avec impatience, il s’agit d’un moindre mal.

«Ça ne me dérange pas, j’ai vraiment hâte de revoir mes amis», lance Raphaëlle Dumont, une élève de quatrième année.

Raphëlle et Élie Dumont sont de retour à l’école aujourd’hui et devront dorénavant porter le masque de procédure en classe.
Photo Didier Debusschère
Raphëlle et Élie Dumont sont de retour à l’école aujourd’hui et devront dorénavant porter le masque de procédure en classe.

Masques fournis par l’école

Des masques pédiatriques, adaptés aux petits visages, seront fournis par l’école à raison d’au moins deux par jour. 

«On n’a pas de compteur, on a toujours des masques en réserve», affirme Carl Barrette, directeur de l’école primaire du Harfang-des-Neiges, à Stoneham, qui se réjouit de pouvoir maintenant fournir des masques adaptés aux visages des élèves.

Dans les rangs des enseignants, on se réjouit aussi de revoir les élèves en chair et en os. «Le meilleur endroit pour apprendre, c’est dans la classe», affirme Daniel Gauthier, président du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec.

Plusieurs enseignants ont par ailleurs reçu leur vaccin au cours des derniers jours, ce qui contribue à faire baisser d’un cran le niveau d’inquiétude, ajoute-t-il.

Dépistage en 15 minutes

De son côté, la Santé publique a rappelé aux parents qu’ils ne doivent pas hésiter à faire tester rapidement leur enfant dès l’apparition de symptômes apparentés à la COVID-19. 

Le ministère de la Santé a indiqué vendredi qu’un «accès privilégié» aux tests rapides ID NOW sera offert dans des cliniques de dépistage de Québec et de Lévis dès ce matin.

Ces tests permettent de donner un résultat en moins de 15 minutes aux enfants qui présentent des symptômes.

De leur côté, plusieurs parents se croisent les doigts, sachant qu’ils ne sont pas à l’abri d’une autre fermeture de classe d’ici la fin de l’année scolaire. 

Au secondaire, les élèves de la région amorcent leur cinquième semaine d’enseignement en ligne sans savoir quand ils pourront retourner sur les bancs d’école. 


Régions où les écoles sont toujours fermées

Au primaire  

  • Certains secteurs de Chaudière-Appalaches (MRC de Bellechasse et écoles du Centre de services scolaire de la Beauce-Etchemin)    
  • Outaouais        

Au secondaire  

  • Québec    
  • Chaudière-Appalaches    
  • Bas-Saint-Laurent (à l’exception des MRC de La Mitis, de La Matapédia et de Matane)    
  • Outaouais        

Quel sera l’impact des fermetures pour les élèves?    

Fébriles à l’idée de revoir leurs élèves en classe, des enseignants s’inquiètent de l’impact de ces quatre semaines d’école en ligne sur leurs élèves, alors que la fin de l’année scolaire arrive à grands pas.

Jessica Poirier-Brousseau enseigne à des jeunes de sixième année dans une école primaire de Québec. Certains n’ont pas été aussi assidus en ligne qu’en classe et pourraient avoir accumulé beaucoup de retard, craint l’enseignante.

«Il y a des élèves que je n’ai quasiment pas vus de tout le mois, il y en a qui n’ouvrent jamais leur caméra, qui ne semblent juste pas être là. Je suis extrêmement inquiète pour ces quelques élèves. Un mois, c’est énorme», a-t-elle laissé tomber, lorsque Le Journal s’est entretenu avec elle la semaine dernière.

Mme Poirier-Brousseau se demande si le ministère de l’Éducation reverra ses consignes concernant l’évaluation des élèves, alors que le deuxième et dernier bulletin comptera pour 65 % de la note finale cette année.

«Ça serait ridicule de maintenir cette évaluation alors qu’on aura été un mois à la maison. C’est mettre une pression énorme sur nos élèves», affirme-t-elle.

Pire pour les plus vieux

Au secondaire, les inquiétudes sont encore plus grandes puisque l’enseignement en ligne se poursuit.

«Une fermeture d’un mois en avril, ça fait mal. Souvent, on commence la révision de la matière en mai», explique l’enseignante de français Annie Lagacé. 

Au Syndicat de l’enseignement de la région de Québec, on confirme que plusieurs profs réclament des modifications au bulletin.

Statu quo

Or aucun changement n’est envisagé pour l’instant, indique-t-on au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Interpellé à ce sujet la semaine dernière, son directeur stratégique, Jean-François Del Torchio, a affirmé que «les enseignants continuent d’évaluer les apprentissages des élèves et à faire des observations [...] par d’autres moyens que des épreuves en classe» pendant les cours en ligne.

«Les enseignants ont toute l’autonomie professionnelle pour déterminer les apprentissages prioritaires à enseigner et ils ont la responsabilité de la constitution des résultats des élèves dont ils ont la charge», a-t-il ajouté.

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