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Pour le plaisir de vivre

WE 0501 Bourbonnais
David khayat
Photo courtoisie David Khayat est l’auteur d’une douzaine de livres dont, L’enquête vérité, La cuisine anticancer et Prévenir le cancer, ça dépend aussi de vous.

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Quand un cancérologue vous dit que tout est permis, c’est très certainement agréable à entendre. Dans le livre qu’il a récemment lancé, Arrêtez de vous priver, l’auteur tient à transmettre l’idée que la constante privation n’apporte rien de bon. S’il va à l’encontre des idées reçues, en invitant ses lecteurs à manger de la viande rouge, boire du vin et bien vivre, il n’en demeure pas moins qu’il exprime aussi certaines réserves. 

« Se priver met en danger notre santé », affirme d’emblée le Pr David Khayat considéré comme étant l’un des cancérologues des plus réputés en France. 

<b><i>Arrêtez de vous priver !<br/>
Manger, boire, bien vivre, tout est enfin possible !</i></b><br/>
P<sup>r</sup> David Khayat<br/>
Les Éditions Albin Michel<br/>
216 pages
Photo courtoisie
Arrêtez de vous priver !
Manger, boire, bien vivre, tout est enfin possible !

Pr David Khayat
Les Éditions Albin Michel
216 pages

Dans son ouvrage, l’ancien chef du service d’oncologie de la Pitié-Salpêtrière veut mettre un frein à la privation. « Je vois tous les jours des malades et on leur répète constamment qu’il ne faut pas manger de sucre ni de gras, c’est mauvais, il faut réduire sa consommation de sel en raison de l’hypertension, il faut également éviter les charcuteries ce qui pourrait engendrer le cancer du côlon, il faut supprimer les produits laitiers, et on ne doit pas aller au soleil pour ne pas risquer un cancer de la peau. On finit par en avoir marre », lance-t-il. « Ça suffit ! »

Dans son livre, l’auteur prône les plaisirs de la table composés de bonne viande et de quelques verres de vin entre amis. En ces temps de pandémie, où plusieurs restrictions sociales nous sont imposées, le livre tombe à point.

Plus nous vivons avec des restrictions, moins bien nous vivons. À l’inverse, plus nous profitons de la vie, plus nous sommes heureux, plus on nage dans le bonheur et apparemment plus notre santé s’en porterait mieux.

La culpabilité

« Il faut en finir avec la culpabilité », affirme l’auteur. « C’est un poison pour notre équilibre. » D’ailleurs, de récentes études le confirment. La culpabilité serait le pire ennemi de notre santé. Les interdits étant partout, ils alimentent notre culpabilité. « Il est temps de retrouver notre liberté de santé », souligne David Khayat.

Selon l’auteur, il serait inutile de se priver constamment, en citant l’exemple des régimes. Plus on fait des régimes, plus on reprend du poids, et, même davantage, chaque fois.

David Khayat tente de nous démontrer qu’il est possible de gérer dans la vie de tous les jours nos péchés mignons et autres excès selon notre profil qui, à l’apposé de certaines croyances, n’est pas forcément génétique. « On peut prendre deux jumeaux identiques et les séparer à la naissance et les faire grandir dans des familles complètement différentes et on verra plusieurs années plus tard que leur profil génétique sera différent », fait remarquer le cancérologue.

L’auteur insiste également sur l’idée d’arrêter d’avoir peur. Peur de tomber malade, peur de prendre du poids, peur d’attraper un cancer. « Cela génère un stress inutile. »

La modération

Bien entendu, David Khayat est prudent et fait des mises en garde. « Évidemment, si vous êtes diabétiques, il faut faire attention au sucre, il s’agit là d’une maladie », prévient-il. 

Le compromis serait de se permettre quelques écarts sans se priver, mais de ne pas le faire tous les jours. « On peut manger du gâteau à la fin d’un copieux repas, à la condition de ne pas le faire tous les jours », précise-t-il. 

La nicotine, l’alcool, le sucre, le sel ou encore les boissons gazeuses sont une forme de dépendance associée à la récompense, estime l’auteur. « Lorsqu’elles sont intenses et récurrentes, elles peuvent s’avérer redoutables pour notre santé », souligne-t-il.

C’est principalement en comprenant l’origine de nos excès que l’on peut parvenir à apprivoiser nos petites ou grandes faiblesses pour mieux les contrôler.

« Ouvrir une bouteille de vin entre amis ne va pas augmenter vos chances de mourir », plaide l’auteur. « L’important est de ne jamais combler un manque. On doit boire par plaisir et non pour combler un manque. » Si l’on boit parce que l’on ne peut plus s’en passer, cela devient de l’alcoolisme, une maladie qu’il faut soigner. David Khayat suggère d’ailleurs de se garder des jours dans la semaine sans consommer d’alcool.

Quant à l’exposition au soleil, l’auteur évoque les bienfaits de la vitamine D qui joue notamment un rôle essentiel dans l’absorption du calcium. « C’est désormais prouvé, la vitamine D prévient des maladies cardiovasculaires », ajoute-t-il. Néanmoins, le cancérologue qui a vu de près des patients atteints du cancer de la peau est formel. L’exposition au soleil fait des ravages. À l’aube de la saison estivale, l’auteur suggère encore de faire preuve de modération en choisissant certains moments de la journée où le niveau de risque est faible pour sortir à l’extérieur tout en se protégeant avec des crèmes solaires. « Nous ne sommes pas tous égaux face aux UV », rappelle-t-il.