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Un saut dans la Chine du futur

Jean-Louis Roy
Photo Pierre-Paul Poulin Jean-Louis Roy

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Actuel président de la Grande Bibliothèque et auteur d’une vingtaine de livres, Jean-Louis Roy raconte la vie et l’ascension au pouvoir d’une femme qui deviendra présidente de la République populaire de Chine dans son nouveau roman d’anticipation géopolitique, Shanghai 2040. Il présente un nouveau monde où, face au déclin de la civilisation occidentale, la Chine devient la première puissance de la planète.

S’attachant à la fois à la petite et à la grande histoire, le roman d’anticipation géopolitique de Jean-Louis Roy se projette dans un futur pas si lointain. Il met de l’avant Wei Chu, une Chinoise remarquable qui accède au pouvoir suprême de la première puissance mondiale.

La Chine vs l’Occident

À travers l’histoire millénaire de la Chine, un pays qu’il connaît, Jean-Louis Roy décrit les grandes étapes de la vie de Wei Chu : ses études, ses amours, son entrée et son ascension au sein du parti, son mariage, son divorce, sa vie de couple avec un diplomate irakien, son élection. Cette femme ambitieuse mettra tout en œuvre pour réaliser ce qui devient sa mission.

En entrevue téléphonique, Jean-Louis Roy confirme qu’il travaillait sur ce roman depuis plusieurs années et que ses voyages en Chine l’ont inspiré. 

« C’est un roman que je mijote, très honnêtement, depuis au moins 15 ans. La grande affaire d’aujourd’hui, et pour les prochains cinquante ans, c’est la Chine versus l’Occident. C’était la Chine versus l’Union soviétique dans le dernier siècle, maintenant c’est la Chine versus l’Occident, c’est évident. »

<strong><em>Shanghai 2040</em><br>Jean-Louis Roy</strong><br>Éditions Libre Expression<br>248 pages
Photo courtoisie
Shanghai 2040
Jean-Louis Roy

Éditions Libre Expression
248 pages

Il est allé souvent en Chine. « J’ai vu la bonté de la Chine. J’ai vu la Chine alors qu’elle était encore le plus grand pays le plus pauvre du monde, et puis j’ai vu la Chine en train de se mesurer avec les États-Unis. Ce n’est pas rien. Tout ça s’est passé en trente ans. »

Une autre vision du monde

La pâte du livre s’est donc « brassée » depuis toutes ces années, dit-il. 

« J’y allais. Je prenais des notes. Je rencontrais des gens. J’essayais de me mettre dans la peau d’un Chinois. Comment ils voient le monde, eux ? [...] Ils ont une histoire de plus de 4000 ans. Ils ont leurs philosophes, leurs auteurs, à partir de Confucius. Ils se sont dotés d’une langue commune. Ils voient le monde d’une tout autre manière que nous. »

Lorsqu’il se rendait en Chine pour travailler avec des Chinois, l’auteur les questionnait sur leur vision du monde. 

« C’est sûr qu’il y a une partie du livre qui répond à cette question. J’ai essayé de comprendre leurs traditions, leur histoire, leur attachement à leur histoire, leurs valeurs. »

Il note que l’individu compte, mais pas tant que ça. 

« Ce qui compte, c’est l’individu dans la famille, la famille dans le village, le village dans la région, la région dans le pays. C’est la communauté. Alors j’ai essayé de me mettre à leur place et de voir comment ils voyaient le monde, parce qu’on est obligés de les connaître, maintenant. »

Destin de femme 

Wei Shu, héroïne du livre, a des souvenirs de ses grands-parents au village. 

« Elle est allée à l’école, à l’université, elle s’est fait des amis, elle est entrée dans des groupes de pression, elle est devenue très proche de l’aile jeune du Parti communiste chinois. Et finalement, elle devient économiste, haute fonctionnaire, ministre, ambassadrice de Chine aux Nations Unies et devient présidente de la Chine. »

Le livre, c’est l’histoire de cette femme. 

« Comment elle vit ? Quels sont les souvenirs de sa vie, de ses parents, de ses grands-parents, de son mari ? Elle a deux enfants. Elle est une femme, elle est une fille, elle est une mère, elle aime la mode, elle aime les bijoux, la peinture. »

Sur sa table de travail se trouvent les dossiers des grandes organisations internationales. « On assiste au déménagement des Nations Unies, de New York à Shanghai. » 

Extrait

« “Leader of the World”, titre le New York Times sous une superbe photo couleur pleine page de Wei Shu. Elle a aimé la photo et sa disposition, un peu moins le texte qu’elle qualifie de “trop fuyant, trop hésitant”. Les réseaux sociaux du monde bruissent de jugements, d’appréciations et de commentaires sur cette femme élégante et retenue, audacieuse et prudente, policée mais capable de frappes décisives. On la dit “lionne” dans les instances du Parti et “gazelle” au gouvernement, “ou inversement”, selon son shifu. » 


  • Jean-Louis Roy a été directeur du Devoir (1981-1986), délégué général du Québec à Paris (1986-1988), à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (1990-1998), président de Droits et Démocratie.
  • Il est l’auteur d’une vingtaine de livres.
  • Il est présentement PDG de la BAnQ.