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Du Nord-du-Québec à la 5e Avenue de New York

Il a créé une des agences de pub spécialisées en santé les plus puissantes au monde

Marc Lanouette
Photo Chantal Poirier Le cofondateur et chef de la direction de Tank, Marc Lanouette, veut continuer de ramener de gros clients au Québec pour faire travailler les gens d’ici.

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Un entrepreneur originaire de Chibougamau, dans le Nord-du-Québec, a réussi à bâtir un petit empire de la publicité après l’ouverture d’un bureau sur la mythique 5e Avenue de New York pour séduire les Pfizer et GSK de ce monde.

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« Pendant un beau deux ans, il y avait juste une plante verte dans le bureau. Ça nous a permis de dire que l’on a un bureau à New York. Après, ça a décollé », lance Marc Lanouette, cofondateur et chef de la direction de Tank.

Grâce à son adresse sur la 5e Avenue, Tank décroche coup sur coup en 2012 de juteux contrats avec deux géants comme Pfizer et GSK.

Au bout du fil, l’homme d’affaires confesse qu’il a toujours préféré se tenir loin des projecteurs et des médias, mais qu’il veut prendre la parole maintenant parce qu’il a cruellement besoin de cerveaux pour sa croissance.

« On cherche du talent, alors il faut que les gens sachent qui l’on est ! », poursuit celui qui a embauché une centaine de personnes l’an dernier.

Géants pharmaceutiques

Marc Lanouette a son créneau. Les Pfizer, GSK, Johnson & Johnson, Merck, Eli Lilly & Co font appel à son expertise en communication de la santé.

« C’est une fierté parce que l’on travaille d’ici avec des marques mondiales. On crée et on produit des campagnes ici qui vont dans 30 pays », affirme-t-il.

Fondée en 2007, Tank emploie plus de 300 personnes, principalement à son siège social de Montréal, mais aussi à ses bureaux de Toronto, New York, Londres et Tokyo. La Chine est aussi dans son collimateur cette année.

« On est 220 à Montréal. On aimerait faire doubler ce nombre à 500 d’ici deux ans pour avoir un centre d’excellence mondial en communication de la santé », dit-il.

Avec un salaire moyen de 95 000 $ l’an dernier, la boîte cherche des profils créatifs avec des baccalauréats en communication ou des personnes qui ont une connaissance du monde de la santé.

« On a zéro crédit d’impôt. On a zéro subvention », poursuit l’homme d’affaires, qui est fier de voler de ses propres ailes.

Quand on lui demande pourquoi les géants pharmaceutiques choisissent une firme d’ici, il répond que les Québécois saisissent bien les enjeux tant nord-américains qu’européens.

« Si vous regardez CNN, il y a de fortes chances que les publicités de santé que vous voyez à la télé ont été produites et créées ici », souligne-t-il.

Au Journal, Marc Lanouette explique avoir laissé son coin du Nord-du-Québec à l’âge de 15 ans pour se rapprocher de la ville pour les études.

« J’ai encore un attachement. Je n’ai plus de famille là-bas, mais j’y retourne une fois par année pour aller à la pêche », confie-t-il en évoquant de bons souvenirs d’enfance là-bas avec les enfants de travailleurs miniers et les Cris.

Producteurs, gestionnaires, vidéastes, directeurs de comptes, responsables des communications, rédacteurs médicaux, designers... Tank est à la recherche de dizaines de candidats en ce moment.

Travailler avec une future princesse  

Marc Lanouette
Photo AFP

Avant d’avoir séduit les grands noms de l’industrie pharmaceutique, le patron de Tank, Marc Lanouette, a rivalisé d’audace en allant chercher la future princesse Meghan Markle comme ambassadrice pour Reitmans.

« J’étais allé la voir dans un hôtel à Toronto avec des maquettes pour lui montrer ce que l’on voulait faire avec elle, et elle a dit : “J’embarque”. C’était une belle victoire », raconte-t-il au bout du fil.

Aujourd’hui, Meghan Markle, 39 ans, est l’épouse du prince Harry, petit-fils de la reine Élisabeth II. 

Pas impressionné

Contrairement à d’autres, Marc Lanouette ne parsème pas ses phrases avec des noms de vedettes. Il n’étale pas non plus ses amitiés avec des célébrités et est même plutôt discret.

L’entrepreneur raconte que lorsque le nom de Meghan Markle est sorti autour de la table lors d’un remue-méninges, personne autour de lui ne l’a cru capable de la convaincre de prêter son image à la bannière québécoise Reitmans.

Alors le patron de Tank a décidé de s’en occuper lui-même. Au bout de nombreux appels, il a réussi à entrer en communication avec elle.

« On a relancé la marque Reitmans avec elle. À l’époque, elle était la vedette de l’émission Suits », poursuit le publicitaire, qui a pu travailler de nombreuses années avec elle, avant qu’elle ne devienne une princesse.

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