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Immunité collective impossible aux États-Unis?

Immunité collective impossible aux États-Unis?
Photo AFP

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Alors qu’au Québec nous discutons encore ce matin des conséquences potentielles d’une importante manifestation contre la gestion des mesures sanitaires et que les opposants aux différents vaccins interviennent régulièrement dans le débat public, nous devrions peut-être observer ce qui se passe chez nos voisins du Sud.

Le New York Times rapportait ce matin que l’immunité collective est probablement déjà hors de portée aux États-Unis. Comment expliquer ce sombre constat, alors qu’on vante avec raison l’opération de vaccination qui est l'une des plus efficaces au monde?  

Le journal new-yorkais évoque une combinaison de deux principaux facteurs: la présence de très nombreux variants et la résistance d’un noyau dur d’opposants à la vaccination. Si les experts espéraient au départ qu’un seuil de vaccination de 60% à 70% de la population serait suffisant pour parvenir à l’immunité collective, la virulence des nouveaux variants les force à viser maintenant 80%. 

Lorsqu’on évoque la virulence des variants et la résistance d’environ 30% des Américains à la vaccination, il ne faudrait pas oublier d’ajouter à quel point cela est difficile d’intervenir efficacement pour limiter les impacts de ces deux facteurs. 

  • Écoutez la chronique de politique américaine de Luc Laliberté, blogueur au Journal de Montréal et de Québec :

La lutte contre les variants ne s’effectue pas uniquement sur le plan national et les États-Unis sont tributaires des progrès réalisés à l’échelle de la planète. Dans un monde interconnecté où nous nous déplaçons fréquemment d’un pays à l’autre, les efforts d’un seul pays atteignent rapidement une limite.

Lutter contre la résistance à la vaccination est également une opération d’une grande complexité. Quand on vise un seuil de 80% de la population qui aurait reçu le vaccin, on utilise une statistique nationale, alors que la transmission du virus est locale. Même si une région ou un État avait un taux de vaccination de 100%, la COVID-19 et ses mutations pourraient encore sévir un bon moment si certaines régions ne présentent qu’un taux de 50 à 60%.

Bien que les propos des spécialistes relayés par le New York Times soient alarmants, cela ne signifie pas qu’un retour à une vie plus normale sera encore reporté ou est inatteignable. Il apparaît cependant que les Américains, et probablement les Canadiens et les Québécois également, devront apprendre à vivre avec le virus pendant quelques années encore.

À court, à moyen et à long terme, on espère donc entraîner à la baisse le nombre de personnes infectées, les complications et, par extension, les décès. Si on ne peut exclure complètement un scénario cauchemardesque d’un variant contre lequel les vaccins actuels ne seraient pas efficaces, les spécialistes consultés se concentrent plutôt sur l’importance d’adopter collectivement de saines habitudes.

La lutte que nous menons présentement est loin d’être vaine, et la communauté scientifique abat un travail considérable. Si nous savons faire preuve de solidarité, tout en appuyant le respect des mesures de distanciation et les opérations de vaccination, nous pourrons bientôt souffler un peu et prendre dans nos bras notre famille et nos amis. Il faudra cependant continuer de regarder par-dessus notre épaule pendant quelques années. 

La COVID-19 et ses variants risquent d’être encore présents pour un moment, mais sans que l'on soit obligés de vivre reclus et de communiquer par écrans interposés. Continuons à lutter ensemble en espérant qu’un nombre important de récalcitrants rejoignent nos rangs. Immunité collective ou pas, nous allons dans la bonne direction.