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L’argent avant... le talent

Raphaël Lessard perd son volant dans la série des Camionnettes

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Le couperet est tombé sur Raphaël Lessard, qui faute d’appuis financiers, a perdu son volant dans la série des Camionnettes NASCAR.

Le jeune pilote québécois Raphaël Lessard a disputé sa dernière course au sein de l’écurie GMS la semaine dernière au Kansas.
Photo courtoisie, Écurie GMS
Le jeune pilote québécois Raphaël Lessard a disputé sa dernière course au sein de l’écurie GMS la semaine dernière au Kansas.

Sans surprise, l’écurie GMS, qui l’avait recruté en début d’année, en a fait l’annonce lundi matin dans un court communiqué. 

« En raison de circonstances malheureuses, Raphaël Lessard ne pilotera plus notre Chevrolet Silverado numéro 24 pour le reste de la saison 2021, y lit-on. Le nom de son successeur sera communiqué sous peu. »

L’Américain Ryan Reed serait, selon plusieurs sources, le candidat le plus sérieux pour le remplacer à partir de la prochaine épreuve inscrite au calendrier, ce vendredi soir sur le tracé de Darlington, en Caroline du Sud. 

Lessard avait entrepris, en février, une deuxième saison à temps plein dans la troisième division majeure du NASCAR. 

En 35 départs, il compte 11 top 10 et surtout une victoire mémorable remportée l’an dernier sur le célèbre anneau de vitesse de Talladega à bord d’un bolide de l’écurie Kyle Busch Motorsports (KBM). 

Cette année, le pilote de 19 ans avait obtenu son meilleur résultat à Bristol le 29 mars, quand il avait rallié l’arrivée à la troisième place. Et ce, à sa toute première expérience sur la terre battue. Pas plus tard que samedi dernier, il s’était classé 10e au Kansas.

Tout n’est pas perdu

Le Journal a rapporté ces dernières semaines que la saison du Beauceron était fortement compromise parce que les exigences financières n’étaient plus respectées comme stipulé dans le contrat. En d’autres termes, le loyer était en retard.

GMS n’a eu d’autre choix que de confier le baquet de son bolide à un autre pilote capable d’assumer la facture d’environ 200 000 $ canadiens exigés à chaque course.

« Nous y avons toujours cru et nous y croyons encore, a indiqué Lessard. Mais actuellement, nous sommes dans une situation où nous ne pouvons pas continuer cette saison. C’est difficile d’en arriver là, mais ce n’est que partie remise. »

Déjà des négociations

Selon nos informations, si l’entourage immédiat de Lessard n’avait pas pris certaines décisions douteuses l’an dernier, dont celle d’écarter le conseiller Alan Labrosse du dossier, le Québécois serait encore aujourd’hui un pilote à temps plein dans la troisième division du NASCAR.

Des partenaires fidèles ont alors retiré leur appui essentiel en apprenant le départ injustifié de Labrosse. Mais ne les blâmez pas. Ils ne sont pas responsables de la perte de Lessard. 

Rien ne les avait obligés à financer la carrière du kid. Ils l’avaient fait d’abord par passion pour le stock-car et pour appuyer un talent brut comme il s’en produit rarement au Québec.

La bonne nouvelle, c’est que ces investisseurs, dont la plupart ont été des bailleurs de fonds de la première heure, sont disposés à replonger dans l’aventure. Des négociations sont déjà en cours avec l’écurie GMS pour la saison 2022, a-t-on appris.

Labrosse à l’écoute

Même s’il a été injustement tassé, Labrosse, lui, n’a pas caché qu’il serait prêt à reprendre du service si un appel lui était lancé.

« La porte n’est pas fermée, a-t-il fait savoir en entrevue au Journal. Si je peux aider Raphaël, je vais le faire. »