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Tenir responsables les dirigeants des covidiots

Tenir responsables les dirigeants des covidiots
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

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Quelques milliers de personnes manifestaient samedi à Montréal contre les mesures sanitaires pour lutter contre la COVID-19. Des manifestations similaires se sont aussi produites ailleurs dans le monde.

Il y a quelques jours, en Israël, une centaine de milliers de juifs hassidiques se sont rassemblés, au mépris des directives des autorités israéliennes.

Aux États-Unis, des évangélistes clament haut et fort que Dieu décide de qui tombera malade ou non. En Inde, en février, des fêtes religieuses qui rassemblaient des millions d’hindous ont fait bondir le nombre de malades de la COVID-19. Aux États-Unis, Donald Trump a tenu des rassemblements politiques qui ont aggravé la pandémie, tout comme, en Inde, les rassemblements de Narendra Modi ont accru la pandémie.

Inversement, le port du masque, la distanciation et le confinement ont fait reculer la pandémie.

Tout cela est connu et documenté.

Pourquoi donc certains s’obstinent-ils à nier ces évidences ?

La première raison qui passe par la tête est qu’ils manquent de jugement. Et il est vrai qu’au Québec, un des dirigeants politiques de la manifestation, Maxime Bernier, n’a pas inventé les boutons à quatre trous ; c’est le moins qu’on puisse dire.

Mais au-delà de la bêtise ?

Invulnérables

Une autre explication possible est que ces gens se croient invincibles. Par exemple, certaines personnes de 20 ans, au sommet de leurs capacités physiques, ont l’illusion d’une sorte d’invulnérabilité. Il suffit d’observer certains cyclistes inconscients du danger se faufiler à travers la circulation automobile pour comprendre le phénomène.

De même, des esprits très religieux se croient protégés par un dieu, ou pire, s’imaginent que s’ils meurent, ce sera par volonté divine, un gage de vie éternelle dans l’au-delà ou de bon karma.

Troisième explication possible : la compréhension politique très approximative de certaines personnes, et leur association par le biais des médias sociaux les encourage à s’indigner pour de mauvaises causes et à se mobiliser contre les mauvaises cibles.

La récupération de ces égarements par des politiciens intelligents comme Trump ou Modi est particulièrement abjecte.

Devant les tribunaux

Il n’empêche que s’il est possible de se rassembler librement pour toutes les causes imaginables, ce droit implique une responsabilité pour les organisateurs de ces rassemblements. Ils peuvent être tenus responsables des dommages que leurs rassemblements ont provoqués. Ils pourraient être poursuivis devant les tribunaux. 

S’il s’avère que la pandémie connaît une recrudescence à Montréal dans les jours qui suivent la manifestation de samedi ou s’il est possible de démontrer que des gens qui y ont participé y ont été contaminés, si ces participants ou leurs proches tombent gravement malades ou qu’ils meurent, les organisateurs de ces rassemblements devraient en porter la responsabilité.

De même, des dirigeants politiques ou religieux qui incitent leurs ouailles à adopter des comportements qui risquent de répandre la mort devraient être tenus légalement responsables des décès directs et indirects qu’ils auront provoqués.