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Allemagne: arrestation d'un suspect après une campagne de menaces néonazies

Allemagne: arrestation d'un suspect après une campagne de menaces néonazies
Photo AFP

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Francfort | La justice allemande a annoncé mardi l'interpellation d'un suspect suite à une campagne de lettres de menace dans le pays contre des personnalités ou des migrants signées d'un groupuscule néonazi responsable d'une dizaine d'assassinats. 

L'homme de 53 ans, sans emploi, a déjà été condamné dans le passé pour des délits attribués à la mouvance d'extrême-droite, a déclaré le procureur de la République de Francfort-sur-le-Main. 

Le suspect est «fortement soupçonné» d'avoir envoyé depuis août 2018 dans tout le pays une série de «lettres de menaces au contenu incitant à la haine, insultant et menaçant, sous le pseudonyme NSU 2.0», a déclaré le parquet.

Une référence au groupuscule néonazi NSU responsable d'une dizaine d’assassinats dans les années 2000, principalement de migrants. 

Ces courriers, plus d'une centaine au total, étaient principalement adressés à des personnes publiques connues pour leur engagement contre le racisme et l'antisémitisme, en faveur des migrants, ainsi qu'à des immigrés eux-mêmes.

Les enquêteurs ont longtemps soupçonné avoir affaire à un policier, ce qui n'est pas le cas, dans la mesure où l'auteur des lettres avait accès aux adresses et coordonnées des destinataires. 

Selon les médias allemands, l'homme les aurait obtenues à la fois sur le «darknet», où elles étaient illégalement disponibles, ainsi qu'en contactant diverses administrations et en déjouant leur méfiance.

Courant mars, le ministre de l'Intérieur de la région de Hesse, Peter Beuth, avait indiqué qu'un total de 133 lettres de menaces avaient été envoyées, dont 115 attribuées par les enquêteurs à «NSU 2.0», le reste émanant de contrefacteurs.

Le meurtre en juin 2019 par un militant néonazi de Walter Lübcke, élu du parti conservateur qui défendait la politique d'accueil des migrants de la chancelière Angela Merkel, a réveillé le spectre du terrorisme «brun» dans le pays. 

Sous-estimée dans les années 2000, la menace est perçue aujourd'hui comme un défi crucial pour la sécurité intérieure.