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Carpentier comprend Lessard

Le nom du pilote québécois absent de la liste des inscrits en Camionnettes

patrick carpentier
Photo d’archives Parrainé par l’entreprise québécoise BRP, Patrick Carpentier a disputé sa dernière course en Coupe NASCAR le 24 juillet 2016 sur le célèbre circuit ovale d’Indianapolis.

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Pour la première fois depuis février 2020, la liste provisoire des inscrits de la série des Camionnettes Camping World ne comporte pas le nom de Raphaël Lessard.

• À lire aussi: Lessard remplacé au sein de l’écurie GMS?

Bien malgré lui, le jeune pilote beauceron fera l’impasse sur la prochaine course du championnat qui sera disputée au circuit de Darlington, en Caroline du Sud, vendredi soir.

Lessard met ainsi fin à une série de 30 départs consécutifs dans la troisième division du NASCAR. 

En raison d’un manque de financement, l’écurie GMS, qu’il avait rejointe au début de 2021, n’a eu d’autre choix que de confier le baquet de la Chevrolet Silverado numéro 24 à un autre pilote, l’Américain Ryan Reed. 

Selon nos informations, le retour du Québécois est néanmoins plus que probable l’an prochain chez GMS. Cette équipe perdra deux de ses ténors en Sheldon Creed et Zane Smith, qui devraient monter en grade à temps plein dans la série Xfinity en 2022. 

D’autant plus que des investisseurs de la première heure se disent maintenant prêts à revenir l’appuyer financièrement l’an prochain.

Il est passé par là

Patrick Carpentier n’était pas au courant de la nouvelle que nous lui avons apprise, lundi matin, selon laquelle Lessard devait céder son volant au sein de l’écurie GMS.

« Vous êtes pas sérieux ! s’est-il exclamé. Je suis tellement déçu pour lui. C’est dommage d’en arriver là. Il ne mérite pas ça. »

Carpentier a vécu la même situation en 2008. Recruté par l’écurie Gillett Evernham Motorsport en Coupe NASCAR, il devait, comme Lessard, courir à temps plein. Mais, faute d’un budget suffisant, il a été libéré en cours de saison.

« Ce sport est cruel, a renchéri Carpentier. Tout est une question d’argent. Le talent de Raphaël ne fait aucun doute, mais ça ne suffit pas. Il faut dire aussi que la pandémie n’a pas aidé. 

« Dans la plupart des cas, il a été limité à ne faire que la course, sans essais ni qualifications. C’était beaucoup lui demander pour obtenir de bons résultats. Il aurait dû aussi courir dans d’autres séries, comme l’ARCA ou la K&N en même temps pour augmenter son temps de piste. »

Ils étaient deux représentants du Québec à rouler à temps plein dans l’une des divisions majeures du NASCAR. Alex Labbé est maintenant le seul. Contrairement à Lessard, le pilote de Saint-Albert n’est pas inquiet pour son avenir en série Xfinity, du moins cette année.

Recruté par l’écurie DGM, dirigée par le Québécois d’origine Mario Gosselin, Labbé est conscient que ses budgets ne sont pas les mêmes. 

« Il n’y a aucune comparaison à faire, relate Labbé, en entrevue au Journal. On ne parle pas de débourser près de 200 000 $ par course comme Raphaël. Nous sommes loin de là. En contrepartie, nos ambitions ne sont pas les mêmes. »

Un appel à RDS

Labbé est appuyé par des entreprises d’ici et il leur en est reconnaissant. Maintenant qu’aucun pilote québécois n’est engagé dans la série des Camionnettes, l’intérêt du public n’est plus le même. La question est maintenant de savoir si RDS, diffuseur du NASCAR au Québec, va maintenir cette série dans sa programmation.

« RDS n’a présenté aucune course Xfinity cette année et c’est dommage, d’indiquer Labbé. Maintenant que Raphaël n’est plus en Camionnettes, j’espère qu’on va penser à nous. Je leur lance un appel. On a besoin de cette visibilité. »

Gosselin, son patron, ne souhaite pas de malheur à Lessard, mais il avoue que le contexte est difficile.

« Tu as beau être doué, il y en a des centaines de jeunes pilotes qui, comme Raphaël, cognent aux portes du NASCAR. Et la plupart d’entre eux sont soutenus par des fortunes familiales colossales ou des commanditaires majeurs. »

Des décisions douteuses

Alexandre Tagliani, lui, n’est pas surpris du sort qui a été réservé Lessard. Le vétéran pilote québécois est passé maître dans la recherche de commandites. 

« Je lui ai dit il y a quelques mois qu’il vivait sur du temps emprunté et que son modèle d’affaires n’était pas viable. La meilleure école, c’est de commencer avec une équipe qui coûte moins cher et espérer se faire connaître. On a visé trop haut.

« Mais la pire décision que son entourage a prise, prétend Tagliani, c’est d’avoir indiqué, par la voie d’un communiqué, qu’il participerait à la série des Camionnettes à temps plein en 2021, alors qu’il avait le budget pour faire seulement la moitié de courses. »