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Covid au Brésil: un ex-ministre de la Santé incrimine Bolsonaro

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BRASILIA | Un ex-ministre de la Santé du Brésil a assuré mardi devant une commission d’enquête parlementaire avoir prévenu « expressément » le président Jair Bolsonaro des « conséquences gravissimes » de son déni face à la pandémie de coronavirus, qui a fait près de 410 000 morts dans le pays. 

« Nous avons recommandé expressément au président de changer de posture, en alertant que cela pourrait entraîner une saturation du système de santé », a déclaré Luiz Henrique Mandetta, un orthopédiste de 56 ans, face à une commission d’enquête du Sénat qui doit établir les responsabilités du gouvernement Bolsonaro dans la crise sanitaire.

M. Mandetta a été limogé fin mars 2020, au début de la pandémie, car il défendait la distanciation physique pour tenter d’endiguer les contaminations, une idée totalement rejetée par le chef de l’État.

« Le Brésil aurait pu mieux faire. On aurait pu commencer à vacciner dès novembre », a insisté l’ancien ministre, pressenti comme un futur présidentiable pour l’élection de 2022, lors de laquelle Jair Bolsonaro devrait briguer un second mandat.

Le dirigeant d’extrême droite a critiqué à de nombreuses reprises les vaccins, ironisant sur les effets secondaires qui pourraient « transformer en crocodile » les Brésiliens. Le gouvernement est aussi accusé d’avoir refusé plusieurs offres de laboratoires, notamment de 70 millions de doses proposées par Pfizer dès le mois d’août 2020.

La vaccination patine actuellement au Brésil, en raison du manque de doses, et la première livraison du vaccin de Pfizer n’a eu lieu que la semaine dernière, le contrat de commande ayant été signé seulement en mars.

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