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Le point sur ma situation

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Je ne croyais jamais vous écrire un jour. Mais la situation dans laquelle je me trouve, une situation que je ne comprends pas mais que je dois accepter même si elle est pénible, m’oblige à le faire. Dans la vingtaine, j’ai rencontré un homme fabuleux. Après dix ans de vie commune, un mariage et une naissance, me voilà rendue maman en solo d’un petit de six mois parce que le papa a laissé sa propre mère nous détruire.

N’ayant jamais travaillé de sa vie, cette mère est devenue possessive, irrespectueuse, directive et contrôlante à partir de la naissance de mon bébé. Elle insistait pour venir dormir à la maison et pour s’occuper du petit la nuit, sous prétexte que ses enfants à elle avaient fait leurs nuits dès le premier jour de leur naissance, et surtout parce qu’elle n’acceptait pas que son fils soit obligé de se lever la nuit pour m’aider avec le bébé.

Comme je refusais cette forme d’intrusion dans l’intimité de notre bulle, elle s’est mise à me prendre en grippe. À plusieurs reprises elle m’a empêchée de reprendre mon enfant qui était dans ses bras, comme un bébé de quatre ans qui ne veut pas qu’on lui enlève sa poupée. À ses yeux, j’avais toute la vie pour prendre soin de mon enfant, alors qu’elle n’avait plus beaucoup d’années devant elle.

Ça a pris six mois à mon mari pour entendre mon désespoir et accepter d’en discuter avec sa mère. Et ça a eu l’effet d’une bombe qui a détruit notre couple. Elle a refusé de comprendre que son comportement était invasif, car selon elle, elle avait son mot à dire dans l’éducation du bébé, et qu’elle n’était pas là uniquement lorsqu’on avait besoin d’elle.

Elle affirmait que je réduisais le rôle de son fils à celui de simple géniteur, en plus d’édicter que selon elle, la famille doit comprendre tous les membres proches et éloignés, incluant les grands-parents. Et elle a fini par convaincre son garçon que ma vision de la famille bulle était malsaine. Dans ma tête, lorsqu’on s’engage avec une personne pour fonder une famille, celle-ci devient la famille principale pour les deux, alors que leurs parents respectifs représentent une deuxième famille qui gravite autour.

Quand j’ai demandé à mon mari de mette des limites à sa mère il a répondu « Je ne serai jamais un orphelin, je préfère acheter la paix avec elle. » Pris entre elle et moi, il a argumenté qu’elle n’avait jamais eu de filtre, que je devrais ignorer ce qu’elle me dit, qu’elle avait un bon fond et que je devais l’accepter telle qu’elle elle est si je l’aime vraiment.

Comme pour moi le fait de respecter quelqu’un ne signifie pas qu’on doive accepter de se faire critiquer, jalouser, juger, rabrouer et comparer continuellement par elle, on n’a pas réussi à s’entendre lui et moi. Refusant de dire à sa mère que sa vie était désormais avec sa femme et son fils, je me retrouve seule.

Une femme qui ne comprendra jamais

Je comprends votre stupéfaction. Ce qui m’étonne cependant, c’est que vous attribuez à votre seule belle-mère la responsabilité de votre séparation, alors qu’elle n’a été qu’un instrument dévoilant la vraie nature de votre conjoint. Tout en comprenant votre conception de la vie de couple, je vous signale que c’est le père de votre enfant que vous deviez convaincre du bien-fondé de votre approche, en dehors des récriminations que vous avez à l’endroit de votre belle-mère. Lesquelles me semblent avoir pesé lourd dans la balance de sa décision. Si je me fie à la liste de ce que vous lui reprochez, elle vous est complètement rébarbative. Ce qui est peut-être justifié dans votre esprit à vous, mais ce qui explique que pour votre conjoint, le fossé entre vous est si grand, qu’il lui est impossible de faire quoi que ce soit pour espérer le combler un jour.