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Nouveau chef de police: des propos du maire Labeaume font bondir la FPJQ

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo Stevens LeBlanc Le maire de Québec, Régis Labeaume

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Le recours à des sources anonymes est un principe encadré et essentiel pour assurer une bonne couverture des affaires publiques, a tenu à rappeler au maire Régis Labeaume, mardi, la section Québec de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

• À lire aussi: SPVQ: la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec accuse Labeaume de «propos diffamatoires»

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi dernier pour confirmer la nomination du nouveau chef de police Denis Turcotte, le maire de Québec a déploré le recours à une «source anonyme» dans un article paru le matin même dans Le Journal. Cette source proche des milieux policiers s’interrogeait sur le choix de M. Turcotte à titre de directeur. Ces doutes étaient partagés par un autre contact bien informé.

«C’est une source anonyme. Ça aurait pu être créé de toutes pièces, cette affaire-là. [...] Si cette source-là existe et qu’elle n’a pas le courage de se nommer, ça fait dur», a déclaré M. Labeaume.

Pour le regroupement local de la FPJQ, par cette affirmation, le maire semble suggérer «que la source aurait pu être inventée». «Par ses propos, le maire de Québec décrédibilise le travail des professionnels de l’information, qui est pourtant balisé par des principes déontologiques clairs», a dénoncé l’association.

Le maire interpellé

Par voie de communiqué, celle-ci «demande à Régis Labeaume de cesser de dénigrer les sources journalistiques qui requièrent l’anonymat» et rappelle que, sans elles, «un nombre immense de situations d’intérêt public n’auraient jamais pu être révélées».

Selon le Guide de déontologie de la FPJQ, les journalistes doivent s’efforcer de fournir l'identité de leurs sources le plus souvent possible. L’anonymat peut toutefois être accordé dans des circonstances bien précises, notamment lorsque le dévoilement de l'identité d'une source l'exposerait à des préjudices et que l’information sert l’intérêt public. Dans tous les cas, son identité demeure connue du journaliste, qui doit juger de sa crédibilité et décrire suffisamment sa fonction pour permettre au public d’apprécier sa compétence.

«Ces personnes possèdent des informations pertinentes, sensibles et parfois cruciales que les journalistes ne pourraient pas obtenir par les voies officielles», souligne le regroupement de journalistes.

«Non négociable»

Ce principe a été maintes fois défendu par le milieu journalistique et demeure un «principe non négociable», a fait savoir mardi la section régionale de la FPJQ. «Le niveau de respect que chacun y accorde est un indicateur de son niveau d’attachement aux fondements de notre démocratie», précise le communiqué.

D’autres propos tenus par le maire lors de cette même conférence de presse ont également fait réagir, lundi, la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ). Elle estime que le maire l'a désignée à mots couverts comme étant à l’origine de la citation anonyme. «Je n’ai jamais dit ça», a réagi M. Labeaume au conseil municipal de lundi.

Le cabinet du maire a indiqué qu’il n’émettrait aucun commentaire en lien avec le communiqué de la FPJQ.