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Projet Laurentia: le Port de Québec promet de réduire ses émissions

Projet Laurentia
Photo courtoisie Projet Laurentia

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Le Port de Québec ne baisse pas les bras sur Laurentia, il a confiance que le gouvernement fédéral autorisera son projet et s'engage à réduire les émissions polluantes de ses activités actuelles.

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L'avis inchangé de trois importants ministères fédéraux, Santé Canada, Environnement Canada et Pêches et Océans Canada, qui maintiennent leurs conclusions sur les effets environnementaux «négatifs» du projet de terminal de conteneurs, ne rebute pas l'Administration portuaire de Québec (APQ).  

Hugues Paris, directeur du projet Laurentia à l’APQ, tient à rappeler qu’il ne s’agit que d’une étape du processus. «Les avis qui sont là viennent de trois ministères sur les 15 qui avaient participé à la consultation. C’est partiel. Ce sont trois ministères importants, on en convient. Mais ce n’est pas le rapport final.»  

Aspects économiques

L'APQ estime que les aspects économiques et stratégiques entreront en ligne de compte quand viendra le temps de trancher sur l'autorisation ou le refus du projet.  

M. Paris affirme qu’il est tout à fait possible qu’Ottawa donne le feu vert au terminal de conteneurs malgré le maintien de la conclusion de l’Agence, qui appréhende des «effets négatifs environnementaux importants». «Ce ne serait pas le premier projet au Canada qui a eu des impacts significatifs et qui a été approuvé», dit-il. 

L’APQ s’engage publiquement à réduire «le plus possible» les émissions de ses activités actuelles. Aux opposants qui l’exhortent à faire le ménage maintenant, avant de s’agrandir, il réplique que «le Port est capable de marcher et de mâcher de la gomme en même temps». Il argue que le Port a besoin de Laurentia pour moderniser ses installations et donc réduire la contamination liée à l’activité sur ses quais.   

Qualité de l'air

La qualité de l’air déjà affectée dans le quartier «condamne» tout projet dans le secteur si on ne se fie qu’à ce facteur, soutient M. Paris. «On plaide que la qualité de l’air s’améliore.» Et l’annonce récente de la Ville de Québec, qui interdira les vieux poêles à bois polluants, aidera, selon lui. Il ajoute que Laurentia épargnera 84 000 tonnes de GES par an sur la totalité de sa chaîne logistique. 

La décision revient au ministre canadien de l'Environnement, qui peut la déférer au conseil des ministres. Le ministre aura le rapport final de l’Agence en main d'ici quelques semaines, et doit rendre sa décision le 10 juin. 

Du côté du gouvernement fédéral, on refuse de se prononcer pour l'instant, car on veut éviter de s'ingérer dans le processus. «On prend acte des documents qui ont été publiés par l'Agence d'évaluation d'impact environnemental. On invite les gens, qu'ils soient favorables ou défavorables au projet, à faire preuve d'un peu plus de patience», a soutenu Karl Sasseville, directeur des communications du président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos. «L'Agence va déposer son rapport au ministère de l'Environnement. La décision finale va être prise par le ministre [Jonathan] Wilkinson. On sera heureux de commenter lorsqu'elle sera publiée.»

Opposants

Mardi, les opposants ont continué de se manifester. Le député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti, a pressé le gouvernement Legault de retirer son appui au projet, à la lumière des avis rendus par le fédéral. 

«On le savait, les mesures de mitigation proposées par le Port ne compensent pas la destruction écologique et la pollution atmosphérique engendrées par Laurentia. C’était un mauvais projet, ce l’est toujours. On a hâte que la CAQ s’en rende compte et retire son appui au projet. La campagne de séduction de charme et d’écoblanchiment du Port n’aura finalement pas leurré les experts en environnement.»

Le président d'Accès Saint-Laurent Beauport, Daniel Guay, s'est pour sa part réjoui que les conclusions des ministères demeurent les mêmes et s'attend à ce que le rapport final de l'Agence ne soit pas modifié substantiellement. «Laurentia doit mourir dans l'œuf pendant qu’il est encore temps et l’aménagement futur du littoral Est doit être plus respectueux de la nature et de son fleuve.»

Selon lui, le Port «banalise» le processus en affirmant qu'il ne s'agit qu'une étape parmi tant d'autres. M. Guay estime que l'APQ s'illusionne quand elle espère que les aspects économiques et stratégiques pèseront autant dans la balance que l'environnement et l'acceptabilité sociale.