/finance/business
Navigation

Rapport fédéral défavorable: le Port échoue à renverser la vapeur sur Laurentia

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Coup d'oeil sur cet article

Le Port de Québec a échoué à convaincre les ministères fédéraux de changer d’avis sur son projet Laurentia: leur conclusion, qui soulevait des «effets environnementaux négatifs importants», demeure intacte.

• À lire aussi: Laurentia sera carboneutre, promet le Port de Québec

Santé Canada, Environnement Canada et Pêches et Océans Canada ont rendu leurs conclusions à la suite de l’étude des documents et des informations supplémentaires fournis par le Port de Québec au sujet de son projet controversé de terminal de conteneurs.  

Le Port avait demandé et obtenu un délai, après la publication du rapport préliminaire de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale. Il avait plaidé que certaines informations n’avaient pas été prises en compte dans l’analyse qui concluait que Laurentia aurait des effets négatifs importants. Le PDG Mario Girard avait parlé d’un rapport «incomplet, provisoire et nettement perfectible».  

Trois ministères

Après quelque trois mois d’analyse, le 23 avril, les ministères ont tous répondu à l’Agence. «Nous avons déterminé que ces informations additionnelles ne sont pas susceptibles de modifier de façon substantielle les conclusions présentées dans l’avis que nous vous avons fait parvenir», a écrit Santé Canada, imité dans des mots similaires par les deux autres ministères concernés.  

L’Agence signale donc dans une lettre adressée au Port le 3 mai que «sur la base de ces avis, l’Agence poursuit la rédaction du rapport final qui sera envoyé pour décision au ministre dans les prochaines semaines. La décision du ministre est attendue au plus tard le 10 juin».  

«Préparer les funérailles»

«Je crois qu'on peut enfin commencer à préparer les funérailles de Laurentia», a réagi la porte-parole de l’Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec, Véronique Lalande. Le ministre de l’Environnement pourrait transférer la décision au conseil des ministres du gouvernement de Justin Trudeau, croit Mme Lalande, qui est persuadée que Laurentia ne passera pas la rampe.  

«On ne pense pas que ce gouvernement irait jusqu’à accorder un projet dont les impacts sur des espèces menacées, sur la santé des humains et sur la qualité de l’air ont été jugés très importants.» 

Pour la citoyenne militante, il est temps de «clore ce chapitre une fois pour toutes». «La volonté du Port de s’agrandir dans le fleuve date des années 1970. C’est la troisième mouture.» 

Elle estime qu’il est temps que le Port de Québec réduise les impacts de ses activités actuelles avant de s’avancer sur d’autres projets. Elle souligne que de nombreux citoyens et plusieurs politiciens se sont prononcés en défaveur de Laurentia.