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Retrait préventif: le ministre Jean Boulet préoccupé par la situation des travailleuses de la construction

Le ministre du Travail, Jean Boulet
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le ministre du Travail, Jean Boulet

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Conscient qu’il existe un «problème d’iniquité» entre les femmes pour avoir accès au retrait préventif, le ministre Jean Boulet est ouvert à examiner une nouvelle avenue pour protéger les travailleuses de la construction.

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Qu’elles soient électriciennes, charpentières-menuisières ou calorifugeuses, les femmes qui œuvrent dans ce milieu traditionnellement masculin sont souvent privées d’un retrait préventif lorsqu’elles tombent enceintes. Appelées à enchaîner les contrats, les employées de la construction n’ont pas accès à ce programme qui leur assure une indemnité correspondant à 90% de leur revenu net lorsque leur chantier se termine ou qu’une grossesse est déclarée entre deux contrats.  

Une situation qui ne laisse pas le ministre du Travail indifférent. «Ça m’interpelle. Je suis vraiment préoccupé par ces barrières-là», confie-t-il, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.  

Jean Boulet compte d’ailleurs entamer un dialogue avec la Commission de la construction du Québec (CCQ), le Conseil de gestion de l’assurance parentale et peut-être même le gouvernement fédéral à ce sujet.  

Il souhaite savoir «comment on pourrait financer ça et comment on pourrait essayer de penser à une façon originale de maintenir un lien d’emploi qui est rompu temporairement».  

Pas dans le projet de loi 59

Selon lui, la solution ne réside pas dans une modification au programme Pour une maternité sans danger. Il n’est pas non plus souhaitable que cette nouvelle avenue pour aider les travailleuses de l’industrie de la construction passe par son projet de réforme des normes de santé et de sécurité du travail. Le projet de loi 59 actuellement à l’étude pourrait être adopté d’ici l’été.  

«Ça n’a pas de rapport avec le projet de loi 59, il faudrait voir une autre façon parallèle, originale de déterminer comment on pourrait les protéger ces personnes-là, les femmes enceintes ou qui allaitent, pendant les périodes de mises à pied temporaire.»  

Le ministre Boulet rappelle que les femmes sont encore peu nombreuses dans le secteur de la construction. Plus encore, pas moins de 55% des femmes abandonnent leur métier dans les cinq années suivant leur embauche. Ce taux est de 35% chez les hommes.  

«C’est sûr qu’une façon originale de protéger les femmes enceintes ou qui allaitent pendant les périodes de mises à pied temporaire, ça pourrait avoir un effet attractif», admet-il.   

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