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Bell: la charité pour un géant multimilliardaire

Grand Prix du Canada
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin

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Et si on parlait de chars au lieu de COVID ?

Plus particulièrement, du Grand Prix de Montréal, qui a été présenté sur un plateau d’argent à Bell la semaine dernière ?

On sait à quel point nos gouvernements aiment se montrer généreux avec les entreprises milliardaires

Comme les lecteurs de notre section Argent le savent, pas une semaine ne passe, semble-t-il, sans que le fédéral ou le provincial donne des millions de dollars d’argent public à des entreprises qui nagent littéralement dans le fric. 

AIDONS LES PAUVRES RICHES

Pourquoi aider des petites entreprises qui tirent le diable par la queue quand tu peux aider des ultra riches ?

Faut bien que l’argent amassé par les taxes et les impôts serve à quelque chose !

Quand on n’accorde pas un « prêt pardonnable » de 56 millions au géant français Alstom, on en accorde un de 12 millions au géant japonais Mitsubishi.

Comme si ces multinationales avaient besoin d’aide de nos gouvernements pour mener leurs projets à terme !

Comme l’a écrit Michel Girard, c’est une vraie farce.

Les patrons de ces méga entreprises pondent littéralement des lingots d’or ! 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Douze millions, pour Mitsubishi, c’est de l’argent de poche, du p’tit change !

Je suis sûr que Takao Kato, le grand patron du géant automobile nippon, a ça dans le fond de ses poches quand il va jouer au golf. 

LA VIE EST BELLE À BELL

Dernier cadeau en date de nos gouvernements à une entreprise qui a des poches plus profondes que le Grand Canyon : le Grand Prix, qui a été présenté à Bell dans un écrin en satin avec une petite boucle en soie sur le dessus et une boîte d’After Eight à côté. 

Comme vous le savez, le Grand Prix appartenait au promoteur François Dumontier. 

Or, la semaine dernière, monsieur Dumontier a vendu son Grand Prix à Bell... deux jours – je dis bien DEUX JOURS – après qu’Ottawa, Québec et Montréal aient décidé de mettre 51 millions de dollars dans les coffres de la F1 afin de s’assurer que le Grand Prix de Montréal continue d’être présenté jusqu’en 2031 !

Plus 5,5 millions de dollars en promotion pour vendre le Grand Prix à l’étranger au cours des trois prochaines années !

Vous imaginez le party qui s’est déroulé dans les bureaux des patrons de Bell ?

Là-bas, c’était le Noël des campeurs trois mois plus tôt. 

Comme l’a écrit le journaliste de Radio-Canada Martin Leclerc, les dirigeants de Bell (une « petite » entreprise qui vaut plus de 50 milliards de dollars) ont dû se pincer pour être sûrs qu’ils ne rêvaient pas. 

Non seulement ils profitent des infrastructures (piste, garages) qui ont été rénovées aux frais de la princesse, mais ils n’ont pas eu à verser un sou de leur poche pour s’assurer que le Grand Prix sera bel et bien présenté pour les 10 prochaines années !

DERRIÈRE DES PORTES CLOSES

Et cette vente du Grand Prix à une entreprise multimilliardaire s’est déroulée derrière des portes closes. 

Alors qu’elle implique des millions de dollars d’argent public !

Une transaction hyper silencieuse pour l’événement le plus bruyant de la province...

Qu’on se le dise : au Québec, plus t’es riche, plus les gouvernements t’aident à devenir plus riche encore...