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Mairie de Québec: Régis Labeaume quitte la vie politique

Le maire partira à la fin de son mandat pour vivre une vie «plus normale»

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« Mon temps est fait et j’aspire à une autre vie », a laissé tomber Régis Labeaume, qui a annoncé mercredi qu'il ne sera pas candidat à la prochaine élection à la mairie, après 14 années de règne sur la capitale.

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C’est « soulagé » et serein que M. Labeaume, qui a passé plus d’une décennie à la barre de Québec, a annoncé qu’il quitterait la politique à la fin de son présent mandat, en novembre. Même s’il a toujours Québec « dans la peau », il estime qu’il est pour lui « temps de partir ».

Le maire savait avant même la dernière élection qu’il s’agirait de son dernier mandat. Il a pris la décision finale la semaine dernière, le jour du lancement de l’appel de propositions pour dénicher le consortium qui construira le tramway. 

Photo Stevens LeBlanc

Vivre avec ce secret pendant quatre ans n'aura pas été facile. « C’est long, c’est une libération de ne plus avoir à garder ce secret-là. »

Le projet de réseau de tramway, il était pour lui très important de le réaliser. « Je n’ai pas pu me résoudre à quitter ce poste sans avoir mis en branle ce grand projet de mobilité durable dans notre ville. » 

Dernier mandat difficile

Le dernier mandat a été difficile, mais il se sent à l'aise de partir à ce moment, alors que les travaux se mettront en branle. « Les quatre prochaines [années] seront ben moins pires que les quatre dernières que j'ai vécues. »

Photo Stevens LeBlanc

À 65 ans, il dit avoir le goût d’une vie « plus normale ». La politique est difficile, sur les individus et sur la famille, exprime-t-il. Il a d'ailleurs remercié ses proches d’avoir « supporté » ses choix ces dernières années. 

Convaincu de « laisser la maison en ordre », il se souvient de 2007, lors de sa première élection, alors que son « espoir le plus fou » était d’être maire pendant 10 ans.

Aucun regret

À part peut-être certains coups de gueule dont il n'est pas fier, il n'a aucun regret. Il s'est d'ailleurs de nouveau excusé publiquement à la journaliste Isabelle Porter, du Devoir, pour des mots durs qu'il avait eus à son endroit il y a plusieurs années. 

Photo Stevens LeBlanc

Mais, pour lui, il a toujours été important de ne pas « faire le dos rond » et « avaler les couleuvres », même si son style ne plaisait pas à tout le monde. 

Besoin de repos

Maintenant, le maire ressent le besoin pressant de « se reposer ». Il a l'intention de « dormir, dormir, dormir ».   

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Ensuite, « on verra ». Il dit n'avoir « aucun plan de carrière » et met définitivement une croix sur la politique, a-t-il clairement tranché. « C'est non, non et non. C'est terminé. »

« C'est difficile la politique, mais le problème, c'est que ça prend des dirigeants les plus compétents possible. Je ne peux pas ne pas les encourager. Ma grande peur, c'est que la qualité de la classe politique diminue. Heureusement, il y a encore du monde intelligent, fêlé un peu, pour y aller », a-t-il souri.

Après avoir vécu pendant toutes ces années pour la politique, Régis Labeaume a dit partir avec un sentiment d’accomplissement, mercredi, lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville de Québec.
Photo Stevens LeBlanc
Après avoir vécu pendant toutes ces années pour la politique, Régis Labeaume a dit partir avec un sentiment d’accomplissement, mercredi, lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville de Québec.

« J’ai le goût de vivre normalement. Peut-être qu’au bout de trois mois, je vais être tanné, mais j’ai le goût de me reposer. [...] Ç’a été tellement enivrant. C’est juste qu’au bout de 14 ans, je suis rassasié de la politique. »

—Régis Labeaume

Des drames qui laissent des blessures profondes  

Les « drames humains » qu’ont été les attaques de la grande mosquée et celle du Vieux-Québec, survenue le soir de l’Halloween, ont marqué les mandats du maire Labeaume. 

Mercredi, il a soutenu qu’il s’agissait des deux choses les plus difficiles qu’il ait eu à vivre comme maire. « Tu ne peux pas imaginer ça à Québec. La mosquée, c’était terrible, terrible. C’était surnaturel. Le 31 octobre, c’était tellement violent », a soufflé M. Labeaume. « Tu ne portes plus à terre. Il faut que tu t’accroches quelque part et que tu réfléchisses et que tu te mettes au neutre pour bien comprendre ce qui se passe. » 

En plus de pleurer les morts parmi les citoyens de sa ville, le maire s’inquiétait de la réputation de la capitale à travers le monde. 

Deux jours de suite, les bulletins de nouvelles internationaux ont diffusé des images de Québec, après la tragédie de la mosquée, a-t-il rappelé. « Quand tu sais que tu vas être à CNN, c’est pas une bonne nouvelle. »

Les dossiers inachevés du pont et des Nordiques  

Pendant les 14 années de Régis Labeaume à la mairie, il reste des dossiers qui n’ont pas abouti, et non les moindres : le retour des Nordiques et la peinture du pont de Québec. Mercredi, le maire concédait qu’il n’avait pas eu ce qu’il voulait dans les deux cas. 

« Les Nordiques, si j’avais un minimum de contrôle... Mais j’ai zéro contrôle là-dessus », a-t-il déploré. Il s’est désolé du fait que l’équipe ne revienne pas vers Québec, même si des concessions de la Ligue nationale de hockey tirent le diable par la queue. 

« Je ne peux pas croire qu’elles sont toutes en bonne santé financière. Il doit y en avoir une couple qui perdent de l’argent quelque part. » 

Quant au pont, il n’abandonne pas sur ce dossier et aimerait contribuer à un déblocage d’ici la fin de son mandat. « Il me reste encore six mois. Yvon Charest sait que s’il a besoin de moi, je suis là. Il reste celle-là [à régler]. »

Discret sur son parti et sa succession 

Qu’adviendra-t-il d’Équipe Labeaume sans Régis Labeaume ? Qui sera son successeur ou sa successeure ? Mercredi, le maire de Québec n’a pas voulu s’aventurer sur ce terrain. 

Des informations à ce sujet seront dévoilées ultérieurement, s’est-il limité à dire. Il n’a pas non plus confirmé s’il s’impliquera dans la campagne électorale, l’automne prochain. Cependant, il a avisé les fonctionnaires de la Ville qu’il n’a pas l’intention de se tourner les pouces pendant les six mois qu’il lui reste à la mairie. 

« C’est pas fini. Je ne serai pas un lame duck [canard boiteux]. On a encore beaucoup d’ouvrage pour les six prochains mois. » Il y a plusieurs dossiers qui lui tiennent à cœur, dont les dossiers du vivre-ensemble, du développement durable et de la relance économique.