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Violence conjugale: Québec veut mieux accompagner les victimes

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Le gouvernement Legault débloque 71 millions $ afin de mieux accompagner les victimes de violence conjugale, tant au moment de la dénonciation que tout au long du processus judiciaire.

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De ce montant, 27 millions$ sur cinq ans permettront de former une équipe spécialisée en violence conjugale à la Sûreté du Québec et de créer une équipe spécialisée de concertation et d'enquêtes en matière de violence conjugale au Service de police de la Ville de Montréal. 

Une ressource sera également ajoutée au Service de police de la Ville de Terrebonne.   

À la SQ, il s’agira d’une escouade nationale de huit personnes afin de coordonner le travail des patrouilleurs sur le terrain. Leur travail visera à faire partager l’expertise et la formation et à produire des guides.  

Un procureur unique

Un autre montant de 44 millions$ sera ajouté au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) afin d’appliquer le principe de «poursuite verticale», afin qu’un seul procureur suive la victime durant tout son parcours à travers le système de justice.  

«Ça peut être bon d'avoir des policières, des policiers qui sont de plus en plus habitués et qui vont avoir probablement la capacité ou l'aisance d'instaurer un climat de confiance qui va, peut-être, lui aussi contribuer à encourager à dénoncer. Le fait d'avoir un procureur attitré aussi tout au long, d'avoir des intervenants clés autour de la victime qui sont les mêmes tout au long du processus, ça peut rassurer la victime», a commenté la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en conférence de presse.    

  • Écoutez l'entrevue de la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

À ses côtés, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a expliqué que le DPCP tente déjà d’accompagner les victimes en attitrant un procureur unique pour tout le parcours.  

«Mais il y a un enjeu de ressources, donc c'est pour ça qu'on ajoute 44 millions, pour engager une quarantaine de procureurs qui vont pouvoir faire de la poursuite verticale en matière de violence conjugale», a-t-il expliqué.  

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Prévenir les féminicides

Du côté du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, on accueille positivement l’annonce de jeudi, qualifiée de «pas dans la bonne direction».  

«Des policiers mieux formés peuvent avoir une meilleure approche avec la victime, on sait que ce sont des situations délicates», affirme la porte-parole du regroupement, Louise Riendeau.  

De plus, ceux-ci seront plus à même de percevoir les signes avant-coureurs afin d’éviter de nouveaux féminicides, note-t-elle. Dix femmes sont décédées aux mains de leurs conjoints au Québec depuis le début de l’année.  

De la même façon, le fait d’attitrer un procureur unique à une victime permettra de développer un lien de confiance avec la personne qui plaidera sa cause devant le tribunal. Trop souvent, dit Mme Riendeau, le procureur, souvent débordé, rencontre la victime «le matin même» du procès.     

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