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Labeaume: la fin d’un règne et d’un style

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Son style bagarreur n’a laissé personne indifférent depuis 2007, mais Régis Labeaume en a maintenant assez du combat. Son tramway sur les rails, en quête de paix et de repos, celui qui a soufflé cette semaine ses 65 bougies a décidé d’accrocher les gants. 

« Bienvenue dans la ville Labeaume », disait le premier slogan de campagne de Régis Labeaume, en 2007. Près de 14 ans plus tard, on peut affirmer qu’il est parvenu haut la main à laisser sa marque.

Depuis quatre ans, Régis Labeaume a dû bien s’amuser devant toutes les spéculations sur son avenir politique. Au terme d’une sérieuse réflexion, en 2017, il avait d’ores et déjà décidé qu’il ne reviendrait pas une fois son quatrième mandat complété. Et ce, même si les plus récents sondages le donnaient encore une fois gagnant avec une large avance.

Bien qu’il ait toujours cette ville dans la peau, M. Labeaume n’aurait pu imaginer passer quatre autres années au même rythme. Certes, il a « vécu non par la politique mais pour la politique » pendant 13 ans, mais la politique, « ce n’est pas vraiment un métier ou un boulot, c’est un mode de vie ».

Un mode de vie qui pèse lourd sur la famille, aussi, pour qui M. Labeaume a eu plusieurs pensées hier. 

  • Écoutez Karine Gagnon, chroniqueuse politique et directrice adjointe de l'information au Journal de Québec, sur QUB radio:

Son grand legs

Le maire n’a pas voulu, hier, se prêter au jeu du bilan. « Vous êtes meilleurs que moi là-dessus », a-t-il lancé aux représentants des médias. 

Sa bataille pour le tramway, même si elle s’est avérée inégale et parfois malhabile, représente à mon avis son plus grand legs. Une fois réalisé, le projet va transformer la ville et contribuer à son développement en la faisant entrer dans l’ère moderne. 

Il a tenu le cap, malgré l’adversité, et a fini par remporter son point. La CAQ, là-dessus aussi, avait sous-estimé ses talents de combattant. « Je m’étais imposé une obligation de résultat », dit-il, ajoutant qu’il aurait été déçu de lui s’il avait échoué.

En entrevue à propos des fêtes du 400e, son prédécesseur, Jean-Paul L’Allier, m’avait confié que, selon lui, l’une des plus grandes qualités de Régis Labeaume, c’était son côté festif, qui rendait la ville vivante. 

Ce côté festif a engendré un important sentiment de fierté, à la suite du succès de 2008. La population en était reconnaissante, après des années de morosité ambiante.

Au-delà de Québec

Bénéficiant toujours de taux de satisfaction très élevés de la part de la population de Québec, le maire Régis Labeaume a profité d’une notoriété bien au-delà des frontières de la ville. 

Cette notoriété a aussi servi Québec, et lui a permis de remporter des combats. Celui du tramway en représente un bon exemple. Transporté dans l’espace public montréalais, c’est l’un des seuls dossiers qui a vraiment fait mal paraître la CAQ depuis son arrivée.

À Montréal, Régis Labeaume est toujours accueilli comme une rock star. Les gens ont souvent passé la remarque : « Si vous n’en voulez plus, à Québec, bien, on le prend demain matin. » 

Son départ vient de changer radicalement la campagne, où d’autres candidats feront certainement irruption. Il n’y a personne d’irremplaçable, mais le ou la successeur.e aura de grands souliers à chausser.

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