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Cri du cœur en faveur d’une école pour élèves handicapés de Québec

Son avenir est menacé en raison d’un «malentendu administratif», dénoncent les membres du personnel

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Le personnel de l’école Madeleine-Bergeron, qui accueille une centaine d’élèves handicapés de 4 à 21 ans à Québec, lance un cri du cœur. 

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L’avenir de leur école est menacé en raison d’un «malentendu administratif» qui la prive de financement additionnel, affirment-ils. Déjà, une dizaine d’élèves ont dû être refusés pour l’an prochain. 

Le centre de services scolaire des Découvreurs a récemment demandé au ministère de l’Éducation une révision budgétaire pour l’école Madeleine-Bergeron, n’arrivant pas à financer tous les services avec la subvention octroyée jusqu’à maintenant par Québec. 

Or au cours du processus, le mandat de cette école spécialisée a été précisé. Alors que le centre de services admet des élèves sur la base de leur condition médicale, le ministère de l’Éducation a plutôt indiqué que les élèves inscrits devaient aussi présenter une déficience intellectuelle, en plus d’un handicap physique. 

Le directeur du centre de services des Découvreurs parle d’une «mauvaise communication» entre les deux entités pour expliquer cet imbroglio. «On essaie de voir là où on a pu l’échapper. On n’a pas changé nos conditions d’admissions depuis des décennies», affirme Christian Pleau. 

Le financement de base pour cette école est maintenu, ce qui ne la met pas en péril à court terme, mais il ne sera plus possible d’admettre de nouveaux élèves qui n’ont pas à la fois une déficience physique et intellectuelle, explique-t-il. 

Présentement, seulement 19 des 106 élèves cumulent des deux types de handicaps. L’an prochain, trois nouveaux élèves seront acceptés, plutôt que les 13 qui étaient prévus. 

Incompréhension totale

Dans les rangs du personnel, l’incompréhension est totale. «En se basant sur un malentendu administratif datant de plusieurs décennies, le Ministère de l’Éducation vient mettre en péril le bien-être, le développement, les rêves et même la santé de plusieurs jeunes handicapés», peut-on lire dans une lettre rédigée par les membres du personnel et envoyée au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. 

Une école réaménagée à grands frais

La surprise est grande, d’autant plus que Québec a investi au cours des dernières années 4,75 millions $ pour le déménagement de cette école dans un édifice plus grand et mieux adapté aux besoins des élèves. 

Cette «école-hôpital» dispose d’équipement coûteux que l’on ne retrouve pas dans une école de quartier, alors que plusieurs jeunes ont besoin d’un suivi médical quotidien, peut-on lire. 

Les employés considèrent qu’il serait «utopique» de penser que l’école pourra demeurer ouverte à moyen et long terme si l’école est déficitaire et demandent au ministre Roberge de corriger rapidement cette «erreur administrative». 

Au centre de services scolaire, on tente de se faire rassurant. «Il n’y a pas péril en la demeure», du moins pour l’instant, affirme M. Pleau,. «Avant de s’inquiéter pour l’avenir, on va passer à travers la prochaine année», lance-t-il. 

De son côté, le cabinet du ministre Roberge s’est contenté d’indiquer qu’une «vérification additionnelle» avait été demandée dans ce dossier, après réception de la lettre rédigée par les membres du personnel.