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Retour à l’ère de Slap Shot!

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Photo AFP La patinoire du Madison Square Garden de New York avait les allures d’un ring de boxe, hier soir. Six combats ont éclaté à la première période. Garnet Hathaway, des Capitals, et Phillip Di Giuseppe des Rangers ne se sont pas ménagés.

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J’attendais de voir au cours de la journée d’hier si Gary Bettman réagirait à la demande des Rangers exigeant la démission de George Parros avant de commencer cette chronique. Il y a bien eu une nouvelle qui est tombée, mais elle ne provenait pas de la Ligue nationale. Le flash disait que John Davidson et Jeff Gorton avaient été mis à la porte par les Rangers.

• À lire aussi: Le Madison Square Garden se transforme en ring de boxe

Le président des opérations hockey et le directeur général, les deux !  

Oupelaille !

Apparemment, leurs congédiements ne sont pas liés à la diffusion du communiqué explosif émis par les Rangers, mardi soir, dans l’affaire Tom Wilson.

Vraiment ?

Bien drôle de moment pour annoncer une telle nouvelle.

Dans la lignée des dangereux

Avec tout ce qui s’est passé chez les Rangers hier, le plus important a été mis de côté. On parle du coup infligé par Wilson à Panarin, dont la saison est terminée.

Ce Tom Wilson est dangereux. Il est de la lignée des Matt Cooke, Raffi Torres et Bryan Marchment dont les gestes violents ont compromis les carrières de plusieurs joueurs.

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Marc Savard n’a plus jamais été le même à la suite du violent coup à la tête que lui avait servi Cooke. Marian Hossa a été l’une des nombreuses victimes des coups salauds de Torres. Marchment a démantibulé quantité de genoux avec des mises en échec vicieuses.

Troubles de comportement ?

Peut-on croire que ces agresseurs agissaient normalement ?

Avaient-ils des troubles de comportement ?

J’ai tendance à croire que oui.

Les mêmes questions se valent pour Wilson.

Après avoir arrangé les portraits de Pavel Buchnevich et de Panarin, il a fait des singeries au banc des pénalités. Il a exhibé ses muscles, tout en y allant d’un large sourire alors qu’il narguait les joueurs des Rangers.

Pourtant, ce Wilson est un joueur utile aux Capitals de Washington. Il a connu des saisons de 22 et 21 buts au cours des deux dernières années. Il en montrait 13 en 43 rencontres à sa fiche avant d’affronter à nouveau les Rangers, hier soir. 

Pour toute sanction, le comité de sécurité des joueurs de la Ligue nationale lui a infligé une amende insignifiante de 5000 $.

Une vraie farce considérant le dossier chargé du joueur des Capitals de Washington.

Où est Bettman ? 

Que fait Gary Bettman pendant ce temps ?

J’avais hâte de voir si le commissaire oserait imposer une amende salée aux Rangers pour commentaires à l’encontre de la crédibilité de la ligue.

Après tout, ça n’aurait pas été la première fois que des victimes se seraient retrouvées dans la peau des méchants dans cette ligue.

Avec plus de 100 ans d’histoire, la LNH n’arrive toujours pas à régler les cas de violence qui ternissent son image et qui la font passer pour un circuit de demeurés. 

C’est comme un cancer incurable.

Sept matchs au baseball

Vous ne voyez pas ça dans les autres sports.

Lundi, le releveur Amir Garrett des Reds de Cincinnati, stimulé par une montée d’adrénaline, s’est mis à invectiver Anthony Rizzo, des Cubs de Chicago, après l’avoir retiré au bâton. 

Les joueurs des deux équipes ont sauté sur le terrain, mais aucune bagarre n’a éclaté. Garrett n’en a pas moins écopé d’une suspension de sept matchs pour avoir incité les deux équipes à quitter leur banc.

Qu’est-ce que George Parros a pensé pour qu’il ne suspende pas Wilson ?

George Parros
Photo AFP
George Parros

C’est notre ancien joueur de centre Lars Eller, coéquipier de Wilson, qui a dit hier matin que les échauffourées près du filet comme celle qui s’est déroulée lundi au Madison Square Garden sont légion.

C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour banaliser la chose. Eller est allé jusqu’à dire que les médias ont exagéré les faits parce que Wilson était en cause. Ça a donné ce qui s’est passé lors du deuxième match entre les Rangers et les Capitals, hier soir.

Des scènes dignes de Slap Shot !

Pauvre LNH.

Ancré dans les mœurs  

Voici un autre exemple qui démontre à quel point la rudesse demeure ancrée dans les mœurs du hockey.

Une journaliste du New York Post, Mollie Walker, a communiqué avec Mark Messier, hier, pour lui demander ses impressions sur le remue-ménage effectué au sein de la direction des Rangers.

La journaliste a mis en ligne la réponse de Messier sur son compte Twitter. 

« À mon avis, si vous voulez gagner, vous devez le faire en gagnant les combats dans les tranchées (In the street and in the alley, a-t-il dit en anglais). Je ne bâtirais pas une équipe qui ne répondrait pas à ces critères. »

Quiconque a vu jouer Messier sait ce qu’il veut dire. Il outrepassait souvent les limites de la légalité. Il jouait du bâton et du coude et donnait des coups à la tête.

Son nom a été souvent mentionné comme candidat à la présidence des Rangers. Il a servi sous les ordres de Glen Sather pendant quelques années avant de passer à autre chose.

Pas à sa place

Je ne connais pas George Parros. On le dit intelligent.

Il a étudié en économie à la célèbre Université Princeton, qui a formé deux présidents américains (James Madison et Woodrow Wilson) et une première Dame des États-Unis, Michelle Obama.

Parros n’était pas un goon quand il défendait les couleurs des Tigers de Princeton. Il l’est devenu quand il est devenu professionnel. Il savait que c’était le seul moyen pour lui d’atteindre la Ligue nationale.

On se rappelle comment sa carrière a pris fin avec le Canadien. Lors d’un combat avec Colton Orr, des Maple Leafs de Toronto, il est tombé lourdement la figure contre la glace.

Il s’agissait de son 116e combat dans la LNH.

C’était son métier, mais ça n’aurait jamais dû exister.

Sa présence à la tête du comité de sécurité des joueurs de la LNH est une hérésie.

Comment un ancien bagarreur peut-il être préfet de discipline ?

Ça n’a pas de sens.