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La guerre froide relancée par Biden?

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De tout temps, la politique a polarisé et déchaîné les passions, mais jamais autant qu’au cours des dernières années.

Trump, souvent présenté comme l’incarnation du mal, a fait l’objet de critiques caustiques et hargneuses. La détestation compulsive de Trump était omniprésente. 

Puis, vient Biden. Là, on observe un virage à 180 degrés. Le nouveau président est présenté comme l’incarnation du bien et fait l’objet d’une couverture dithyrambique par ses fans en pâmoison. Les 100 jours de Biden ont d’ailleurs donné lieu à une avalanche d’envolées lyriques où les superlatifs s’enchaînent et les portraits encenseurs se bousculent. L’amour rend aveugle !

Insulte

Pourtant, en matière de politique étrangère, on pourrait s’inquiéter. 

Rappelons qu’en répondant à la question d’un journaliste, Joe Biden a déclaré sans sourciller que son homologue Vladimir Poutine est un « tueur » et a annoncé au monde entier qu’il en « paiera le prix ». Poutine a répondu avec un humour lapidaire, mais a néanmoins immédiatement rappelé son ambassadeur à Washington. 

Injurier gratuitement un chef d’État est un grave délit de diplomatie impossible à ignorer. 

D’une part, cela contribue à dégrader inutilement des relations avec la Russie et à encourager la formation d’une alliance sino-russe dont l’Occident n’a rien à gagner, particulièrement dans un contexte de relations internationales déjà tendues. 

D’autre part, la déclaration à l’emporte-pièce de Biden est un indicateur de son niveau de responsabilité, voire d’irresponsabilité, en matière de politique étrangère. Car quelle est la stratégie à adopter maintenant avec la Russie ? On négocie tranquillement avec un « tueur » en mangeant des petits fours ? Il n’aura donc fallu à Biden que quelques secondes pour se piéger lui-même !

Codes

Chose certaine, on sent déjà revenir l’odeur fétide de la Guerre froide. Or, vu que Biden projette l’image d’un va-t-en-guerre aux déclarations intempestives, mérite-t-il tant d’admiration ? Et est-il bien prudent de lui laisser le contrôle exclusif des codes nucléaires ?