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Brûler une maison pour la science

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Une mise à feu contrôlée de résidence s’est déroulée samedi à Saint-Barnabé-Sud, près de Saint-Hyacinthe, en Montérégie. 

Le principal objectif était de récolter des données qui permettront de rendre la profession de pompier plus sécuritaire.

Des tests ont été effectués avec un agent émulsifiant de type encapsuleur, de marque F-500, visant à optimiser les méthodes d’extinction.

FRÉDÉRIC MARCOUX / AGENCE QMI

Le chef de division opérations du Service de sécurité́ incendie de Laval, Claude Lussier, était très heureux du dénouement de la journée. L’encapsuleur s’est montré efficace lors des essais.

«Je crois au produit encapsuleur, a dit Claude Lussier. On le voit déjà sur nos feux. Ça fait une différence, mais là on va avoir des données scientifiques à l’appui [...]. C’est un produit qu’on ajoute à l’eau, comme une mousse, qui absorbe les molécules de carbone qui se dégagent lors d’un incendie.»

«Ma coupe Stanley»

Après avoir vu son collègue Langis Villeneuve perdre sa bataille contre un cancer des poumons, en novembre dernier, Claude Lussier veut faire la différence.

FRÉDÉRIC MARCOUX / AGENCE QMI

«L’encapsuleur pourrait prévenir le cancer, a estimé celui qui est en poste depuis 27 ans. Pouvoir avoir ce projet-là, après avoir perdu un pompier en raison d’un cancer des poumons causé par la fumée toxique, pour moi, c’est ma coupe Stanley. Ça faisait huit ans que j’attendais de tenir un événement comme ça. C’est compliqué et on a dû obtenir plusieurs autorisations.»

«Je vais donner mon étude aux neuf services incendie à temps plein au Québec, a-t-il ajouté. Le but est de diminuer le risque de cancer chez les pompiers. On a déjà des moyens en place pour améliorer la santé et la sécurité des employés, comme des laveuses, mais cette étude va nous permettre de progresser encore davantage.»

FRÉDÉRIC MARCOUX / AGENCE QMI

Autres bienfaits

Des sapeurs de la Régie intermunicipale de protection incendie du Nord des Maskoutains ont également fait des tests pour évaluer à quel point l’encapsuleur peut réduire la consommation d’eau, en comparaison à une intervention conventionnelle sans produit à ajouter à l’eau.

«Ça fait une grosse différence, on l’a vu aujourd’hui, a constaté le directeur adjoint de la Régie intermunicipale de protection incendie du Nord des Maskoutains, Sébastien Daviau. Mon équipe est à temps partiel et on a appris beaucoup avec l’équipe de Laval. Je me sentais comme un enfant dans un terrain de jeu.»

Quant à elle, l’Université d’Ottawa a récupéré les cagoules des sapeurs. Leur étude déterminera si un produit encapsuleur réduit les émissions de résidus toxiques sur les pompiers.

Filmée à l’aide de drones, l’opération servira d’étude à des professionnels du milieu.

L’Institut de protection contre les Incendies du Québec (IPIQ) était également sur place pour veiller au respect des normes NFPA.