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Universités: il est difficile d’être optimiste

Tricherie à l'université
Photo d'archives Comment des professeurs et des administrateurs qui, pendant plusieurs décennies, ont tiré l’université vers le bas peuvent-ils faire autre chose que de former des cohortes de médiocres ?

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Il y a des sujets peu importants auxquels on consacre beaucoup d’espace médiatique.

À l’inverse, il y a des sujets fondamentaux auxquels le commun des mortels s’intéresse peu. 

Logiquement, les médias, qui veulent plaire à leur public, en parleront peu.

Ce que deviennent nos universités tombe dans cette deuxième catégorie.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal au micro de Sophie Durocher sur QUB Radio:

Dépit

Allez lire le cri du cœur publié hier sur notre site web par Robert Leroux, un professeur de sociologie de l’Université d’Ottawa.

Des pans entiers de l’université moderne, dit-il, sont devenus des foutoirs, des concentrés de médiocrité prétentieuse, où l’on travaille surtout à faire de l’endoctrinement militant.

Vous n’avez pas idée comme il a raison... et comme les conséquences seront dramatiques pour toute la société.

En gros, en très gros, on peut diviser le monde universitaire en trois continents.

Premièrement, vous avez les facultés qui forment les professions libérales. On y apprend un vrai métier : avocat, médecin, ingénieur, gestionnaire, etc.

Ces étudiants sont sérieux, ambitieux, travaillants, pas particulièrement curieux.

Ils ne vont pas à l’université pour élargir leurs horizons intellectuels, comme on dit, mais pour obtenir les titres professionnels que le marché exige.

Il en faut. Pas de problème. 

Deuxièmement, vous avez les chercheurs des disciplines scientifiques de type expérimental : physique, chimie, biologie, etc. 

C’est sans doute là que l’on trouve les étudiants les plus authentiquement curieux, les plus émerveillés par ce qu’ils font.

C’est probablement là aussi que se fait le travail le plus sérieux, si l’on entend par sérieux la production de nouvelles connaissances. 

Et troisièmement, vous avez tout le reste : lettres, sciences sociales, arts, etc.

Il y a de nombreuses et magnifiques exceptions, mais c’est là qu’on trouve les étudiants les moins motivés et les plus faibles académiquement. Les chiffres sont indéniables.

Or, une société, pensez-y, ne peut s’en remettre entièrement à des gens du premier groupe, centrés sur leur carrière et leur réussite matérielle, ou à des gens du second groupe, penchés sur des problèmes ultraspécialisés.

Une société a besoin de gens qui vont décoder ce qui se passe, donner du sens, donner une direction, débusquer les mythes, analyser nos problèmes collectifs avec objectivité.

Or, dans les départements universitaires où l’on devrait s’atteler à cela, on découvre tout le contraire.

« Grâce à la complaisance des administrateurs, soumis à la rectitude politique et au clientélisme, écrit Leroux, on a créé des programmes faisant la promotion de diverses postures idéologiques. » 

« On ne cherche plus à les cultiver [les étudiants], on veut surtout les exposer à un discours victimaire et on leur enseigne les rouages du militantisme. » 

Ces idéologues contrôlent des départements entiers, écartent leurs opposants, ouvrent des postes qui accentueront leur mainmise.

Avenir

« Comment des professeurs et des administrateurs qui, pendant plusieurs décennies, ont tiré l’université vers le bas, demande Leroux, peuvent-ils faire autre chose que de former des cohortes de médiocres ? »

Pas seulement médiocres, mais endoctrinés pour tout voir en termes idéologiques.

Il est difficile, conclut Leroux, d’être optimiste.

C’est le moins qu’on puisse dire.