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Que sera le Canadien dans 10 ou 20 ans?

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Photo USA TODAY Sports Alex Belzile était le seul Québécois en uniforme pour le CH, hier soir à Toronto. Il a même obtenu une passe sur le premier but du match enfilé par Brett Kulak.

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Il fallait s’attendre à ce que le Canadien fasse appel à Alex Belzile pour remplacer Phillip Danault dans la formation pour le match d’hier soir à Toronto. Je l’avais prédit vendredi au directeur de notre section sportive, Denis Poissant.

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Ce faisant, le Canadien a sauvé son honneur. Sinon, Geoff Molson, Marc Bergevin et Dominique Ducharme seraient passés à l’histoire comme les premiers dirigeants du Tricolore à avoir eu recours à une formation sans Québécois. Ils en auraient entendu parler le reste de leur vie.

Remarquez bien qu’il n’est pas dit que ça ne se produira pas un jour. Les joueurs québécois ne pleuvent pas dans l’organisation.

Ils sont neuf

Outre Danault et Belzile, Jonathan Drouin est le seul autre avec le grand club et lui non plus n’est pas disponible pour le moment. Chez le Rocket de Laval, il y a Laurent Dauphin, Rafaël Harvey-Pinard, Xavier Ouellet, Tobie Paquette-Bisson, Joël Teasdale et Yannick Veilleux.

Tous ces joueurs sont de souche francophone, mais le Québec est fait de plusieurs communautés. Nous sommes fiers de nous identifier à des gens qui nous représentent bien, indépendamment de leurs origines.

Doug Harvey et Dickie Moore font partie des plus grands joueurs du Canadien. Harvey venait du quartier Notre-Dame-de-Grâce et Moore, qui parlait français, de Parc-Extension. Ils ont leur bannière dans les hauteurs du Centre Bell. 

Maurice et Henri Richard, Jean Béliveau et Jacques Plante les aimaient comme leurs frères.

Tous les joueurs qui portaient l’uniforme du Canadien à cette époque s’amusaient et souffraient ensemble. Ils formaient une véritable famille.

Mais c’est du passé. On ne reverra plus jamais ça.

Les amateurs sont divisés 

Sauf qu’aujourd’hui, quand quelqu’un dit que le Canadien devrait miser sur un plus grand nombre de joueurs québécois, il peut se faire clouer au pilori.

Le refrain est bien connu.

« On se fout bien de l’origine des joueurs, pourvu qu’on gagne ! »

Ça va faire 28 ans qu’on n’aura pas vu la coupe Stanley à Montréal. Car non, je ne suis pas optimiste pour les séries.

Mais délaissons ce débat un instant et essayons d’imaginer ce que le Canadien sera dans 5, 10, 15 ou 20 ans.

À vrai dire, la transformation est commencée depuis le début du siècle présent. Le Club de hockey Canadien n’est plus l’organisation qui a fait vibrer les Montréalais et les Québécois qui ont eu la chance de vivre ses succès dans le dernier centenaire du 20e siècle.

Le Canadien a perdu son identité et sa vocation sociale qui consistait à assembler une équipe constituée en plus grande partie de joueurs francophones.

C’est ce que les dirigeants et les autres équipes de la National Hockey Association avaient demandé Ambrose O’Brien lorsqu’il fonda le Canadien en 1909.

Le Club de hockey Montréal

Les temps ont changé.

Tout est appelé à changer.

C’est la vie.

Mais c’est tout de même triste de voir ce que le Canadien est devenu. Le Canadien n’est plus distinct et il pourrait ne plus jamais l’être. Il se fond dans le paysage.

On devrait peut-être le rebaptiser le Club de hockey Montréal. Comme les dirigeants de ce qui s’appelait l’Impact l’ont fait avec leur équipe de soccer, pardon ! de foot où on retrouve tout de même une douzaine de joueurs québécois. 

Maciocia pris à partie

C’est drôle à dire, mais l’équipe professionnelle la plus québécoise, ce sont les Alouettes qui étaient autrefois un bastion de la communauté anglophone. On compte 24 joueurs québécois sous contrat au sein de leurs effectifs. 

Or, comme le rapportait mon collègue Mathieu Boulay cette semaine, la presse anglophone a bombardé Danny Maciocia de questions parce qu’elle s’expliquait mal que les Alouettes aient sélectionné trois joueurs québécois parmi les cinq joueurs qu’ils ont choisis au repêchage de la Ligue canadienne.

Probablement que ces inquisiteurs ne se sont jamais déplacés pour aller voir un match du Rouge et Or de l’Université Laval ou des Carabins de l’Université de Montréal.

C’est trop à l’est.

Dépoussiérer Hockey Québec

Le football québécois a dépassé le hockey québécois en matière de développement. Ce sport a franchi des pas de géant depuis 25 ans. Des équipes de la NFL ont de l’intérêt pour des joueurs de chez nous.

C’est la même chose pour le basketball, qui est selon ce qu’on me dit, le sport le plus pratiqué dans les écoles de l’île de Montréal. Chris Boucher, Luguentz Dort et Khem Birch jouent dans la NBA, et d’autres suivront.

Baseball Québec a regarni ses rangs, même si on ne sait toujours pas quand les Expos reviendront.

Aussi, il y a beaucoup de travail à faire à Hockey Québec. C’est unanime dans les cercles du hockey mineur qu’une grande refonte s’impose. C’est le temps ou jamais, car avant longtemps, on n’aura plus aucun joueur de chez nous à applaudir chez le Canadien.