/travel/destinations/quebec
Navigation

Un club d’aventuriers hors route appelle au civisme

David Drouin, du Toyota Off Road Québec, assis sur son Toyota Land Cruiser 1983, parfaitement équipé pour les longues randonnées hors route.
Photo Didier Debusschère David Drouin, du Toyota Off Road Québec, assis sur son Toyota Land Cruiser 1983, parfaitement équipé pour les longues randonnées hors route.

Coup d'oeil sur cet article

Le comportement de certains campeurs dans des endroits improvisés l’an dernier n’a pas seulement déplu aux résidents des municipalités visitées, mais aussi aux membres d’un club de passionnés qui craignent éventuellement de se faire fermer des portes.

• À lire aussi: Redécouvrir le Québec: pour profiter pleinement de l’été!

Le Toyota Off Road Québec (TORQ) regroupe 75 membres et accepte les propriétaires d’autres marques. Le club fondé en 2010 compte 17 sorties organisées à son calendrier 2021. C’est sans compter celles improvisées initiées par des membres.

« Nous avons des activités d’overland, des sorties de trois nuits minimum avec camping à différents endroits durant lesquelles nous franchissons de longues distances », précise David Drouin, vice-président et guide au sein du TORQ.

Le terrain de jeux de ces propriétaires de véhicules à quatre roues motrices est constitué de zecs, de terres publiques et de parcs. « En tant que club, on se doit de montrer les bonnes pratiques. Lors de notre première sortie, le masque et la distanciation étaient de mise. Quand on passe dans une zec ou un parc, on paye nos droits de passage et de camping », explique M. Drouin.

Engouement fatal

Maintenant que le camping non organisé est de plus en plus en vogue, les membres du club sont même invités à ne plus partager sur les réseaux sociaux leurs lieux.

« C’est devenu un enjeu. Ça attire d’autres gens qui n’ont peut-être pas les mêmes préoccupations que nous. Des lieux partagés sur Facebook ont été saccagés. Un lieu partagé, c’est un lieu brûlé. Ça amène du trafic et les locaux n’aiment pas ça. »

Parmi les comportements qu’il dénonce, il cite les feux allumés malgré les avis de la SOPFEU, la circulation dans les cours d’eau, interdite au Québec, les déchets qui ne sont pas ramassés, les besoins humains qui ne sont pas enterrés. « J’y étais en Gaspésie l’an dernier. On voyait des ronds de feu, des cannettes et du plastique à terre. Ce n’est pas mon genre de manger des saucisses quand il y a de la musique dance à côté. Ça m’a navré et je suis parti. »

  • Écoutez la journaliste Karine Gagnon ici

Danger à l’horizon

Il craint que si les comportements des campeurs et des utilisateurs de véhicules hors route n’évoluent pas, il y aura des conséquences pour son groupe et ceux qui veulent ce genre d’aventure.

« Dans les zecs, les gens voient bien qu’on n’est pas là pour chasser et pêcher. On est peut-être plus propre que bien des chasseurs, mais on va être stigmatisés. Ils vont dire que les problèmes sont causés par des gens comme nous. [...] Il faut toujours montrer qu’on est meilleur que les autres. »

David Drouin redoute aussi que les comportements délinquants mèneront à un plus grand contrôle des autorités. Depuis les événements de l’été dernier, des municipalités ont d’ailleurs légiféré pour empêcher de camper n’importe où. Il veut éviter que les zecs emboîtent le pas.

« L’idée de l’overland n’est pas de se faire indiquer un lieu de camping. On veut trouver un endroit, l’occuper et le laisser le lendemain comme il était avant », dit-il.