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Pandémie: des cégépiens se ruent vers le tutorat pour réussir

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Des élèves d’une classe de français d’un cégep de Québec.

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Le nombre de cégépiens en difficulté qui se tournent vers des services privés de tutorat pour réussir a considérablement augmenté depuis le début de la pandémie, une tendance qui inquiète des acteurs du réseau collégial.

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Au Service d’aide aux études, une agence de tutorat privée fondée il y a 25 ans, le nombre de cégépiens a presque quadruplé depuis le début de la pandémie, indique son directeur, Marc-André Paquin.

«On n’a jamais eu autant de demandes pour le cégep, depuis l’automne principalement», affirme-t-il.

D’autres entreprises privées offrant les mêmes services ont aussi indiqué au Journal avoir connu une forte augmen-tation de leur clientèle provenant du cégep depuis un an.

«Les étudiants ont eu du mal à finir leur secondaire cinq et ils ont des lacunes. Ils ont du mal à tout faire à distance et ils prennent du retard.» 

De 95 % à l’échec

C’est le cas d’Angelina-Rose Bedros, une étudiante de 17 ans qui avait une moyenne de 95 % en mathématique au secondaire avant que la pandémie vienne tout chambouler.

La jeune fille a frappé un mur à sa première session de cégep en sciences de la nature, l’automne dernier.

«On a manqué beaucoup de matière à la fin du secondaire et pour moi, l’enseignement en ligne, ça ne marche juste pas», laisse-t-elle tomber.

En échec en mathématiques, l’étudiante est allée cogner au centre d’aide de son cégep. Un tuteur avait beau être disponible pour répondre à ses questions, la matière demeurait incompréhensible.

Elle a alors eu recours à des cours privés, payés par ses parents, mais la formule n’a pas non plus fonctionné puisque tout se déroulait encore une fois à l’écran. 

Angelina-Rose a finalement dû se résoudre à changer de programme et garde un goût amer de cette expérience.

«Si la pandémie n’était pas arrivée, je serais probablement encore en sciences de la nature», affirme celle qui rêvait de devenir pharmacienne.

Des enjeux d’équité

Or ce recours à des services privés par des cégépiens en difficulté inquiète la Fédération étudiante collégiale du Québec, qui y voit des enjeux d’équité pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer une telle facture. 

Les besoins en matière d’aide à la réussite ne font qu’augmenter depuis le début de la pandémie et le réseau collégial doit être capable d’y répondre, affirme sa présidente, Noémie Veilleux. «On veut un traitement équitable pour tous», affirme-t-elle.

Le son de cloche est le même dans les rangs des syndicats d’enseignants.

«Ça n’a juste pas de bon sens», laisse tomber Lucie Piché, présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), qui réclame un solide plan de match pour aider les étudiants à combler leur retard scolaire.

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