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Matériaux de construction: la flambée du prix du bois continuera

Les centres de rénovation et leur clientèle n’auront pas de répit avant plusieurs mois

Olivier Bayard, président de Construction Bayard
Photo Francis Halin Olivier Bayard, président de Construction Bayard, qui fabrique des charpentes de maisons neuves à Saint-Mathieu-de-Beloeil, en Montérégie, dans sa cour à bois.

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Il ne faut pas s’attendre à ce que le prix du bois retourne à des tarifs d’avant la pandémie en 2021, estiment des quincailliers. La demande étant encore très forte du côté du marché de l’habitation, les prix continuent de grimper. 

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«Je n’ai jamais vu ça et je suis dans le domaine depuis 10 ou 12 ans», indique au Journal le vice-président et chef de l’exploitation chez les Centres de rénovation Patrick Morin, Daniel Lampron. 

«On voit encore une pression et une petite tendance à la hausse. [...] Ce n’est pas encore stabilisé», dit-il. 

Ce dernier concède que l’approvisionnement est toujours un défi et que les joueurs du milieu jouent du coude pour sécuriser leurs inventaires. Il y a encore d’importants délais avant de recevoir certaines marchandises. 

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Cinq mois d’attente

Ces derniers jours, lors du dévoilement de ses résultats financiers, la direction de Produits forestiers Résolu, qui livre dans des quincailliers, a confirmé que les prix devraient continuer de croître à son deuxième trimestre.

«Ça n’arrête pas. Les prix sont encore plus hauts qu’ils l’étaient, déplore Olivier Bayard, président de Construction Bayard, aux premières loges de la flambée des prix qui a cours actuellement sur le marché. C’est vraiment catastrophique.» 

En plus des prix, la disponibilité de matériaux n’est plus au rendez-vous. «On ne peut pas avoir des fermes de toit en ce moment. C’est cinq mois d’attente», illustre l’entrepreneur de Saint-Mathieu-de-Beloeil, en Montérégie. 

«Pour le gypse, j’ai dû faire cinq magasins, poursuit-il. En général, pour la finition intérieure, c’est dur.»

Pas d’essoufflement 

Au Groupe BMR, filiale de Sollio Groupe Coopératif, on constate également que la hausse du prix du bois d’œuvre ne s’essouffle pas, et ce, même si l’approvisionnement se fait majoritairement chez des scieries québécoises. 

«Les prix sont à la hausse et l’approvisionnement demeure un enjeu», confirme la directrice des communications, Julie Crevier. Elle assure qu’il n’y a toutefois pas, pour le moment, de rupture de stock dans les magasins, mais «tout le monde se bat pour le même inventaire», poursuit-elle. 

Mme Crevier affirme qu’il est «très difficile» de prévoir un moment pour un retour des prix à la normale en raison notamment de la forte demande provenant du marché de l’immobilier aux États-Unis. 

«On ne s’attend pas à de grands changements cette année», souligne-t-elle. «Est-ce qu’il y aura une stabilisation? Peut-être, mais pour un retour à des prix plus normaux, assurément pas à court terme», prévient-elle. 

La situation est la même chez le quincaillier Canac. À moins d’un revirement de situation, la direction n’anticipe pas de diminution de prix avant «quelques mois». 

La réouverture des frontières

«La pression est toujours aussi forte. On s’y attendait [...] Elle va être forte jusqu’à au moins le milieu de l’été», prédit Patrick Delisle, directeur marketing. 

«Actuellement, le confinement est encore fort. Même si la vaccination est avancée, les gens ne voyagent pas plus. L’argent discrétionnaire se dirige encore à améliorer leur maison», poursuit-il.  

Du côté de Lowe’s Canada, propriétaire de RONA et Réno-Dépôt, on constate aussi une pression sur les prix du bois qui se reflète sur la facture des consommateurs. 

«La forte progression de la construction résidentielle et l’engouement des consommateurs qui souhaitent améliorer leur chez-soi, parce qu’ils y passent beaucoup plus de temps qu’avant, notamment en télétravail, ne se démentent pas et se poursuivent encore», mentionne la porte-parole, Valérie Gonzalo, ajoutant que ce ne sont pas les détaillants qui fixent les prix. 

Selon les différents quincailliers, le retour à des prix normaux va dépendre entre autres des mesures sanitaires contre la COVID-19, de l’ouverture des frontières et du marché de l’immobilier.

- Avec la collaboration de Francis Halin et de Martin Jolicoeur

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