/news/society
Navigation

Ali Nestor s’inquiète pour les jeunes

Ali Nestor s’inquiète pour les jeunes
Mario Beauregard/Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Constatant une hausse de la hausse de violence chez les jeunes, l'ancien boxeur et acteur communautaire Ali Nestor demande au gouvernement qu’il aide davantage les organismes qui leur viennent en aide. 

• À lire aussi: Une quarantaine de personnalités honorées par Québec

• À lire aussi: Quel rôle donner à la police?

«Les organismes comme le mien, on travaille avec peu de moyens. On n’a pas énormément d’outils et on est peu subventionné pour pallier à ces difficultés», a souligné M. Nestor.

Ancien combattant professionnel en arts martiaux mixtes et en boxe devenu entraîneur, Ali Nestor avait fondé son propre organisme, Ali et les Prince*sse*s, au début des années 2000 afin de venir en aide aux jeunes en difficulté.

Ali Nestor s’inquiète pour les jeunes
Joël Lemay / Agence QMI

Il s’inquiète de la hausse de violence dans la métropole, alors que de nombreuses fusillades ont éclaté dans le nord-est de la ville depuis la dernière année. L’indignation publique avait atteint son comble avec la mort de l'adolescente Meriem Boudaoui, devenue une victime collatérale de la vague de violence l'hiver dernier alors qu'elle n'avait que 15 ans.

Pour M. Nestor, la pandémie est l’une des principales causes de la situation actuelle. «Il y a une crise, qui est partout, mais les adultes, eux, ont plus d’outils pour pallier à ces difficultés», a-t-il souligné.  

  • Écoutez l’entrevue d'Ali Nestor, fondateur de l’organisme Ali et les Prince.sse.s de la rue   

Il rappelle par ailleurs que les travailleurs des services essentiels, qui sont plus vulnérables face aux difficultés en santé mentale, sont bien souvent eux-mêmes des parents.

«Imaginez, lorsque les enfants voient que leurs parents sont eux-mêmes sont dans une situation où ils n’arrivent pas à rejoindre les deux bouts. Il est évident que ça crée encore plus d’incertitude et d’inquiétude chez le jeune», a illustré M. Nestor.

Selon ses constatations, beaucoup de ceux-ci vont se réfugier dans la rue pour trouver des moyens d’évacuer ce stress.

«Si on ne s’en occupe pas des jeunes, eux vont trouver des façons de le faire, mais ce n’est pas nécessairement toujours avec de bons moyens», s’est désolé M. Nestor.

Des solutions

Pour lui, il faudrait que les organismes communautaires disposent de davantage de moyens afin de pouvoir venir en aide aux jeunes et que les règles sanitaires les concernant soient assouplies.

Il donne en exemple des règles installées pendant la crise sanitaire, qui empêchait les jeunes de s’entraîner pendant plus d’une heure dans ses installations.

Ali Nestor s’inquiète pour les jeunes
Joël Lemay / Agence QMI

«Ce jeune-là, lorsqu’il a envie de rester toute la journée avant de pouvoir rentrer chez lui, mais qu’il doit partir du gym après une heure, qu’est-ce qu’il va faire, il va aller traîner dans les rues», a expliqué M. Nestor.

De même, il constate que de nombreux jeunes ont besoin de parler. Lui-même a embauché, pour son organisme, une psychologue qui vient chaque semaine rencontrer des jeunes. Une solution qui pourrait être reproduite ailleurs, selon lui, à condition d’un financement adéquat.

«Ces jeunes-là ont besoin d’endroit pour se retrouver et se ressourcer afin d’éviter d’être dans les rues. Des endroits où ils peuvent parler, se défouler, et se sentir bien», a-t-il souligné.

«Ces jeunes représentent l’avenir et le Québec de demain. Il faut en prendre soin», s’est-il exclamé.