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CH: en français, svp!

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Le Bas-Saint-Laurent a volé au secours de la Sainte-Flanelle samedi soir. Saint-Éloi, pour être plus précis. Il y a moins de 300 âmes dans ce petit village de la municipalité régionale de comté Les Basques. C’est là qu’a vu le jour Alex Belzile, fin août 1991.

Belzile a empêché le Canadien de disputer le premier match de son histoire sans un seul Québécois en uniforme. Rappelons que lors de la dernière conquête de la coupe Stanley en 1993, plus de la moitié du club parlait français, dont Patrick Roy, Vincent Damphousse, Éric Desjardins, Stéphan Lebeau et Patrice Brisebois. Pas les derniers venus, mettons...

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Tous des gars pour qui endosser l’uniforme du Canadien était l’accomplissement d’un grand rêve. Tous des gars qui confessent encore aujourd’hui le privilège et le bonheur qu’ils ont eus à attaquer et à défendre en français ici au Québec. Tous des gars qui ressentent un malaise lorsqu’ils entendent que les Québécois ne veulent pas venir jouer pour le Canadien à cause des médias et du public...

L’expression galvaudée sur les médias sociaux « les vrais savent ». C’est d’autant plus véridique lorsqu’il est question de ceux qui ont sué sang et eau pour triompher dans le mythique Forum. Eux savent qu’il n’y a pas meilleur endroit que Montréal pour jouer au hockey. Pourvu que tu fasses ton travail sciemment, que tu sois engagé et que tes efforts soient soutenus. Eux c’étaient et ça demeure des vrais.

Une espèce en voie d’extinction ?

Est-ce que j’avance que cette « race » singulière de joueurs francophones a disparu ? Pas du tout. Est-elle en voie d’extinction ? À mesure que le CH les ignore au repêchage, fort probablement que oui.

Alex Belzile, donc... Je ne vais pas vous surprendre en vous disant qu’il n’a jamais été repêché. Il a même commencé sa carrière junior au niveau AAA avec l’excellent programme des Cougars du Collège Champlain avant de rejoindre l’Océanic de Rimouski. Ensuite ce fut cinq marchés différents de la ECHL et trois villes de la Ligue américaine en huit ans. Rien que ça. Du nerf, le bœuf du Bas-du-Fleuve. Beaucoup de nerf. Alex Belzile mérite respect et tout le crédit de son premier match régulier de la LNH disputé samedi soir lui revient.

Doit-il ce match aux absences de Phillip Danault et Jonathan Drouin ? Seul Geoff Molson le sait. Je présume que Marc Bergevin s’en doute. Ça n’a pas empêché Belzile de récolter une passe et d’avoir été le principal artisan du but de Brett Kulak.

C’est ce qui arrive avec les p’tits gars de chez nous et ce chandail extraordinaire. Lorsqu’ils l’endossent, la plupart d’entre eux deviennent meilleurs. Les Blackhawks de Chicago se demandent d’ailleurs où était tout ce bon hockey en Phillip Danault...

Le Canadien n’est pas un mariage naturel pour tous les Québécois. Reste à trouver un recruteur assez pesant pour insister sur ceux que le CH doit réclamer. Lorsqu’ils seront 5-6 dans le vestiaire, la pression sera pas mal moins grande sur chacun d’eux. Le principe de répartition du poids. Des pieux d’ici sous le seuil du Temple...