/entertainment/music
Navigation

Bernard Lachance meurt du sida, dont il niait l’existence

Le chanteur s’était fait connaître lors d’un passage à l’émission télévisée d’Oprah

Bernard Lachance
Photos d’archives Le chanteur Bernard Lachance lors de son passage à l’émission d’Oprah Winfrey, à Chicago, en 2009.

Coup d'oeil sur cet article

Les proches du chanteur Bernard Lachance, connu pour avoir été invité à The Oprah Winfrey Show, tiennent à sensibiliser la population à l’importance de la trithérapie pour traiter le sida, dont il est mort mardi après avoir arrêté ses traitements.

• À lire aussi: Bernard Lachance invité d'Oprah!

«S’il n’avait pas arrêté son traitement, il serait en vie comme tout le monde», a brièvement commenté en pleurs Andrée Côté, la mère de Bernard Lachance, décédé mardi matin à 46 ans.  

  •  Écoutez le témoignage de Lise Lachance, la sœur de Bernard Lachance

L’auteur-compositeur-interprète amateur avait connu une certaine notoriété en 2009 quand il était parvenu à remplir le prestigieux Chicago Theater en vendant ses billets de spectacle dans la rue. 

Cet exploit lui avait valu d’être interviewé par Oprah Winfrey et lui avait permis de se produire à la Place des Arts. 

Bernard Lachance
Photo d'archives, Agence QMI

L’artiste originaire de Montmagny, dans Chaudière-Appalaches, a appris quelques années plus tard qu’il était séropositif. 

Dans de multiples vidéos sur YouTube, il expliquait avoir cessé de prendre ses médicaments après avoir supposément découvert que le VIH était un vaste complot de l’industrie pharmaceutique. 

«Il n’a jamais accepté d’avoir attrapé le VIH. Il était dans un déni qui l’a suivi jusqu’à la toute fin», raconte sa sœur, Marie-Claude Lachance, qui a plusieurs fois essayé de le raisonner avant de finir par couper les ponts avec lui. 

La dernière fois qu’elle lui a parlé, il était devenu squelettique, mais continuait d’affirmer haut et fort que ni le sida ni la COVID-19 n’étaient réels. 

«Je suis triste, mais je suis aussi fâchée. Je ne veux pas qu’il ait entraîné d’autres personnes dans son délire», confie Mme Lachance, qui tient à rappeler les bienfaits de la trithérapie.   

  • Écoutez la chronique culturelle d’Anaïs Guertain-Lacroix à l’émission de Pierre Nantel sur QUB radio:    

Traitement efficace

«La trithérapie a fait en sorte que les personnes à qui l’on diagnostique aujourd’hui le VIH ont une espérance de vie plus longue que les personnes séronégatives», poursuit le Dr Robert Pilarski de la clinique La Licorne, axée sur la santé sexuelle.  

Ce dernier réitère également que ce traitement rend indétectable la charge virale des personnes séropositives, empêchant ainsi la transmission du virus. 

Même si on parle aujourd’hui plutôt d’une maladie chronique, un diagnostic de VIH reste dur à encaisser, ce qui peut amener certains patients à sombrer dans des théories du complot par réconfort. 

«C’est vrai pour le cancer, les maladies graves ou la COVID. Adhérer aux idées complotistes est une façon d’affronter sa peur, de la minimiser, de la nier», constate la psychiatre Cécile Rousseau, dont les travaux portent sur la radicalisation.  

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio: