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L’abîme insondable des sondages

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Dimanche soir, au gala Artis, Marc Messier est tombé des nues en apprenant qu’il gagnait un trophée.

France Beaudoin, elle, a essuyé quelques larmes après avoir fait chou blanc. Pendant ce temps, Dave Morissette cueillait son 9e trophée et Pierre Bruneau, son 22e ! Il y a 10 ans, il avait délogé sa collègue Sophie Thibault, gagnante de l’Artis de meilleure lectrice de nouvelles neuf années de suite.

Aux prix Gémeaux comme aux prix Écrans, ce sont les collègues qui votent. Les prix Iris du cinéma québécois sont déterminés par des « membres éminents de la profession ». On ne sait ni leurs noms ni leur nombre. Les prix Artis résultent de sondages auprès de 14 000 répondants. Les prix Artis furent suspendus durant quelques années pour faire place aux Métrostar. Leurs gagnants étaient déterminés par le vote de la clientèle des marchés Métro.

Qu’il s’agisse d’un vote populaire, du vote des pairs ou de celui des membres éminents de la profession, les résultats sont souvent sans grande surprise. Ils donnent néanmoins presque toujours lieu à des protestations ou à des doutes, même à des boycottages. L’Académie canadienne du cinéma et de la télévision en sait quelque chose.

UNE VIVE CONCURRENCE

Même si l’insatisfaction d’après gala de l’un ou l’autre des deux grands réseaux semble s’estomper, elle est toujours exacerbée par une concurrence « fratricide ». Le gala des Gémeaux a toujours favorisé la télévision d’État, et le gala Artis, TVA. C’est ainsi que dimanche, 10 des 16 trophées sont allés à TVA, LCN et TVA Sports. 

Si Télé-Québec et même certaines chaînes spécialisées se taillent toujours une place au gala des Gémeaux, ce n’est pas le cas pour le gala Artis. Guy-A. Lepage ayant été préféré à Julie Snyder, Noovo peut juste revendiquer la moitié du trophée de Pier-Luck Funk, gagné pour 14 mille millions de choses à savoir à tou.tv et Pour toujours, plus un jour à Crave et à Noovo.

Le choix des chroniqueurs de télévision n’a sûrement pas beaucoup d’importance sur le résultat final si j’en juge par ceux qu’avaient faits Emmanuelle Plante et Marc-André Lemieux dans notre dernier cahier Weekend. Tous deux avaient jugé que Vincent Leclerc et Julie Le Breton gagneraient pour leurs rôles dans Les pays d’en haut, que France Beaudoin l’emporterait haut la main comme animatrice d’émissions de variétés, en plus d’être sacrée « personnalité de l’année ». Ni l’un ni l’autre n’avaient imaginé que Maude Guérin pourrait gagner pour 5e rang, Sarah-Jeanne Labrosse pour Les pays d’en haut, Jean-René Dufort pour Infoman, et encore moins Marc Messier pour La faille

QUELLE INFLUENCE À L’ÉCOUTE ?

Quel que soit le mode de scrutin, j’ai toujours pensé que les cotes d’écoute sont le facteur qui influence le plus le choix des gagnants, surtout s’il s’agit d’un vote populaire ou de sondages. Je suis forcé d’admettre qu’après ce dernier gala Artis, je doute de ma théorie. 

Si les cotes d’écoute de District 31 peuvent avoir aidé Gildor Roy et celles des Beaux malaises 2,0 Julie Le Breton et Martin Matte, par quel phénomène la SRC, qui vient de fracasser tous ses records d’écoute pour la dernière saison, n’a-t-elle remporté que cinq trophées Artis ? Que France Beaudoin quitte les mains vides est encore plus étonnant. Après une Spéciale du jour de l’an dont on parle encore, son émission sur Michel Louvain, produite en 48 heures, a rejoint 1 500 000 téléspectateurs. Ne fût-ce que pour celle-là, France Beaudoin méritait un trophée.